‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 207 sur 221 · LA NOUVEAUTÉ, CLAUDINE · texte numérisé non relu

LA NOUVEAUTÉ, CLAUDINE

CLAUDINE

Bonjour, madame. N'est-ce pas vou.s qu'on appelle la Nouveauté?

LA KOUVEAUTÉ.

Oui, ma fille, c'est moi-même.

CLAUDINE

Ah! madame, que j'en suis bien aise! Je viens vous prier de me donner un visage nouveau.

' C'est ainsi qu'on appeloit les partisans de mesdemoiselles Pelissicr, et Le Maur, excellentes actiices de l'Opéra , lorsqu'elles jouoient le rôle de Tliisbé lour-à-tour.

278 l.A NOUVEAUTE.

LA NOtlVtAllTÉ.

Un visage nouveau ! Et le vôtre vous sied si bien , et il est si joli.

CLAUDINE

Il est vrai que Colin le trouvoit autrefois comme ça; mais depuis trois ans que nous sommes mariés, il dit qu'il l'a tant vu, tant vu , qu'il s'ennuie à présent de le trouver toujours tout de même, et qu'il voudroit qu'il fût comme celui de Colette : tout le monde dît pourtant que cette Colette n'est pas si belle que moi à beaucoup près. Oh ! cela me fâche tant, quand j'y pense!

LA KOUVEA13TÉ.

Vous aimez donc votre mari apparemment?

CLAUDINE

Je crois qu'oui ; mais je ne serois pourtant pas fâchée de mon côté qu'il changeât aussi de figure, et qu'il eût celle du fils du seigneur de notre village, monsieur le chevalier, qui est arrivé depuis huit joiu's.

l.A nouveai:té.

Comment! aimcriez-vous ce jeiuie seigneur? CLAtl niN K.

Oli! non pas autrement ; je n'aime seulement que son visage, sa taille, son esprit et ses manières; car pour du reste...

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