‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 208 sur 221 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

LA NOUVEAUTÉ

J'entends votre affaire.

Ah! madame, queje suis fâchée d'avoir promis à Colin de n'aimer jamais que lui, et devoir qu'il s'ennuie de me regarder!

LA >"OrVEAnTÉ.

Il est un moyen de le de'sennuyer ; c'est de lui donner de la jalousie , et de lui faire connoître que vous avez du goût pour un autre.

CLACDIK E.

Oh! je n'ai garde, madame ; cela le fàcheroit peut-être.

LA NOUVEAUTÉ

Et tant mieux, cela renouvelleroit son amour pour vous.

CLAUDINE

Comment, madame ! il faut quelquefois fâcher les gens pour s'en faire aimer davantage? Cela me paroit assez extraordinaire.

LA NOUVEAUTÉ

Oh! ce sont des secrets qui sont inconnus au village.

CLAUDINE

Eh ! dites-moi, madame , en fâchant mon mari, cela me donnera-t-il un autre visage?

îSo LA NOUVEAUTÉ.

LA KOTJVEAUTÉ.

Non; mais cela lui donnera d'autres yeux.

Je voudrois bien qu'il eût ceux de monsieur le chevalier. Ah! madame, qu'ils sont beaux!

LA NOUVEAUTÉ

Vous ne m'entendez pas. Je veux dire que votre mari devenant jaloux vous trouvera plus belle que jamais.

CLAUDIS E.

Oh! j'entends bien à pre'scnt, madame: mais je voudrois qu'il ne fût pas jaloux de monsieur le chevalier ; car il me defendroit peut-être de le regarder, et je crois que cela me fâcheroit encore plus que de voir Colin ne me regarder pas.

LA NOUVEAUTÉ

En ce cas, laissons les choses comme elles sont ; il en arrivera ce qu'il pourra.

CLAUDINE

N'est-il pas \Tai ? Mais , madame , je vous prie, que je ne sois pas venue vous consulter eu vain, et ne pouvant -changer mon visage, donnez-moi du moins quelques nouvelles manières de plaire que les autres femmes n'aient pas encore inventées: j'en ai déjà essayé plusieurs qui m'ont ren- /ixie moins belle que je n'étois. Ce que je vous deinande, au moins , c'est toujours dans le dessein

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