MADAME RISSOLÉ, LUCRÈCE, SUZON , LISETTE
LISETTE
Il est si transporté qu'il ne sauroit parler : Au désespoir, au moins, vous allez le réduire.
Mme RISSOLÉ.
La chose est maintenant au point où je désire. J'aurois donné sujet à chacun de crier, D'aller de but en blanc ainsi me marier; Il m'en fournit enfin un prétexte valable : On dira que, voyant mon fils déraisonnable , J'ai voulu le punir. Cependant c'est l'amour. Mes enfants , qui m'occupe et la nuit et le jour.
LISETTE
Et qui donc aimez- vous?
^me R issoLÉ.
Tu le sais bien, Lisette .
Mais n'en dis rien, au moins.
LISETTE
Allez, je suis discrète.
( à Lucrèce. ) Et vous ?
LUCRÈCE
Tu le sais bien aussi.
LISETTE
Je m'en souviens, Et cet amant souvent a fait nos entretiens.
Il LA FAMILLE EXTRAVAGANTE.
{à Suzoti. ) Quant à vous, c'est celui qui , l'autre jour...
SUZON
Lui-même ;
Celui que je t'ai Hit.
LISETTE
Vous aimez , on vous aime.
Mais cet amour encor n'a parlé que des yeux.
O contrainte cruelle !
M'i"; RISSOLÉ.
O langage ennuyeux !
LUCRÈCE
Très ennuyeux , sans cloute; et c'est le seul langage Que dans cette maison l'on j)eut mettre eu usage : On n'en sort point. Mon frère est brutal; un am.mt Ne veut point essuyer un mauvais compliment. Ne parler que des yeux !
snzoN.
oh ! je fais davantage.
Mon amant a trouvé le plus joli langage... Les soirs , sous ma fenêtre , il demeure arrêté; Il tousse, il éternue.
LISETTE
Eli bien ?
s 1^7. ON.
De mon cote , Je tousse et j'éternue aussi.
LISETTE
11( lli- ni.niièrc