THALIE, GÉNIOT, LA FARINIÈRE, PLAISANTINET
LA FARIMÈRE.
A votre seule approche, adorable Thalie , Vous avez fait rentrer ce monstre en son néant.
Sans doute que la Comédie Va reprendre le pas qu'elle avoit ci-devant.
THAI.IE.
Je ne puis tout d'un coup lui rendre tous les charmes
Qui l'accompagnoient autrefois.
Cette muse au Parnasse a causé mille alarmes ; Il faut, si nous voulons la réduire aux abois,
La battre de ses propres armes. Je veux la repousser avec ses propres traits : Il me faut pour cela quelque pièce bouffonne.
Qui soit dans le goût à peu près De celles qu'elle donne.
Le public la prendra comme un amusement,
En attendant qu'on lui présente Quelque pièce excellente, Digne de mériter son applaudissement.
PLAISANTINET
Eh bien ! prenez la mienne; elle est réjouissante, Et dans le goût qu'il faut pour réveiller l'esprit.
THALIE
En retrancheras-tu ce« mots à double entente,
ii8 PROLOGUE
Dont le bon goût munmire, et ia pudeur rougit?
Je suis muse enjouée, et non pas insolente.
PLAISANTIN ET
Pourquoi les retrancher? Ce qui vous épouvante , De mes pièces fait la beauté; Et quoi (pie vous en puissiez dire , Pour exciter la curiosité ,
C'est la bonne façon d'écrire.
THA LIE.
Comment ! tu ne peux faire rire
Sans offenser l'honnêteté?
Tu ne peux composer une pièce amusante ,
Enjouée et divertissante, Sans grossière équivoque et sans obscénité?
PLAISANTINET
Je n'y trouverois pas mon com|ite.
TH ALIE
Va , tu devrois mourir de honte.
PLAISANTINET
Je vous le dis tout net ; Ce n'est pas là mon fait ; J'aime la gaillardise,
THA LIE.
Ou plutôt la sottise.
Va <lonc chercher fortune ailleur.'i , Je trouverai d'autres auteurs.
PUOLOGUE. iiy