‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 90 sur 221 · THALIE, GÉNIOT, LA FARINIÈRE, PLAISANTINET · texte numérisé non relu

THALIE, GÉNIOT, LA FARINIÈRE, PLAISANTINET

LA FARIMÈRE.

A votre seule approche, adorable Thalie , Vous avez fait rentrer ce monstre en son néant.

Sans doute que la Comédie Va reprendre le pas qu'elle avoit ci-devant.

THAI.IE.

Je ne puis tout d'un coup lui rendre tous les charmes

Qui l'accompagnoient autrefois.

Cette muse au Parnasse a causé mille alarmes ; Il faut, si nous voulons la réduire aux abois,

La battre de ses propres armes. Je veux la repousser avec ses propres traits : Il me faut pour cela quelque pièce bouffonne.

Qui soit dans le goût à peu près De celles qu'elle donne.

Le public la prendra comme un amusement,

En attendant qu'on lui présente Quelque pièce excellente, Digne de mériter son applaudissement.

PLAISANTINET

Eh bien ! prenez la mienne; elle est réjouissante, Et dans le goût qu'il faut pour réveiller l'esprit.

THALIE

En retrancheras-tu ce« mots à double entente,

ii8 PROLOGUE

Dont le bon goût munmire, et ia pudeur rougit?

Je suis muse enjouée, et non pas insolente.

PLAISANTIN ET

Pourquoi les retrancher? Ce qui vous épouvante , De mes pièces fait la beauté; Et quoi (pie vous en puissiez dire , Pour exciter la curiosité ,

C'est la bonne façon d'écrire.

THA LIE.

Comment ! tu ne peux faire rire

Sans offenser l'honnêteté?

Tu ne peux composer une pièce amusante ,

Enjouée et divertissante, Sans grossière équivoque et sans obscénité?

PLAISANTINET

Je n'y trouverois pas mon com|ite.

TH ALIE

Va , tu devrois mourir de honte.

PLAISANTINET

Je vous le dis tout net ; Ce n'est pas là mon fait ; J'aime la gaillardise,

THA LIE.

Ou plutôt la sottise.

Va <lonc chercher fortune ailleur.'i , Je trouverai d'autres auteurs.

PUOLOGUE. iiy

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