ACTE 111, SCÈNK VIII
Ah, mon oncle! de {^race!...
LE COMTE, avec un rire forcé.
Fanchette, c'étoit, sans tloute, quelques observations malignes, quelques bons mots de ta façon: mets-les au jour, cjue nous t'applaudissions.
FANCHETTE
Je ne parle plus;... et puis, en conscience, vous n'avez jamais eu moins d'envie de rire qu'à présent.
LE COMTE
Non , car j'étouffe de colère... Un fat , un sot, un présomptueux. . . c'est ce directeur de la guerre... On ne lui parle pas... on lui parle... il ne donne pas la main chez lui ; il ne vous reconduit que jusque dans .son antichambre : mais ce n'est pas une affaire, et s'il entendoit raison, s'il rendoit justice... Enfui j'entre, je sors... Il faut que tu saches... Tiens, je suis encore tout ému : laisse- moi mettre de l'ordre dans mes ide'es.
MIINN A.
Je suis au supplice.
Écoute, écoute... Je m'annonce : il me fait attendre... Le fat ne sait pas qu'il y a plus de sis
i38 LES AMANTS GÉNÉREUX,
cents ans qu'on n'a fait attendre aucun de mes aïeux. J'entre ; je trouve un petit homme maigre, sec, le teint livide, tout chamarré d'ordres et de ridicules.
M I N N A , avec Impatience.
Le directeur?
LE COMTE
Un fat, qui ne sait rien, qui ne me connoît seulement pas.
MiNNA, du même ton.
11 vous dit;'...
LE COMTE
Il ne me dit rien. Je lui prouve qu'une pareille action...
MiNNA, du même ton.
De Téleim?
LE COMTE
Eh! de qui ' ?... ne peut surprendre qu'à Berlin, et qu'il n'y a pas un Prussien capable d'en faire autant.
FANCHETTE
Cela a dû lui faire plaisir.
LE COMTE
«Eh! comment voulez-vous donc, me dit-il,
' Ces traits de déraison caractérisent les gens impétueux, et ne peavent offenser personne.