‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 147 sur 208 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Est celui que vous respirez.

Ah ! combien un souris l'épure.

Et même à mes regards embellit la nature !

LA MARQUISE, em!(e.

Eh! peut-on en pensant, en s'exprimant ainsi. Agir près d'une femme en mortel ennemi?

( le rdjardant avec tendresse. ) Et quand elle aime à croire à votre amour pour elle. Pourquoi douter du sien et de sou cœur fidèle?

LE CHEVALIER

L'ai-je bien entendu ce reproche flatteur !

Quoi! malgré tous mes torts, j'ai toujours votre cœur?

LA MARQUISE

Laissez-moi : je rougis de mon peu de courage. Je voudrois vous haïr, je le devrois du moins;

Mais je prends d'inutiles soins, Et toujours malgré moi la pitié me rengage. Ah ! je maudis l'instant où je vous ai connu !

LE CHEVALIER

c'est un moment que j'envisage Avec un œil moins prévenu.

Mes peines, mes tourments, mes craintes , mes souffrances , Ce sont encor de douces souvenances.

Dont mon cœur sensible est jaloux.

( finement.) Ah ! si différemment nous aimons l'un et l'autre, Puis-je avec mon amour être content de vous? Mon feu...

LA MARQUISE, l'arrêtant tendrement^ et en Soupirant. Le mien pourra durer plus que le \ être.

Et survivre à l'espoir de vous apparteuir.

Que dites- vous , ô ciel !

LA MARQUISE, tout-à-fait en larmes.

Hélas ! dans cet asile.

Libre et n'entrevoyaiit qu'un heureux avenir. Je menois une vie agréable et tranquille : Nul souci ne troubloit la paix de mon printemps; Et maintenant en proie aux plus vives alarmes, Mécontente de moi, de l'amour, des amants... LE CHEVALIER, troublé , chagrin , impatienté de ses larmes , avec douleur et vivacité.

Vous soupirez, vous répandez des larmes ! LA MARQUISE, tendrement et tristement émue. Ne prévoyant que des maux, des tourments... LE CHEVALIER, avec la dernière vivacité et sensibilité.

Et ces maux, ces tourments , c'est moi,c'est ma tendresse.

Qui vous les feroit supporter!...

Ah ! si cruellement pouvez-vous bien traiter

Un cœur plein de délicatesse?

Tournez, tournez sur moi des yeux moins effrayés;

Mais, par pitié, si je vous intéresse, Ne me les montrez pas dans les larmes noyés. Excusez, oubliez, et que ma main efface Jusqu'à la plus légère trace Des pleurs que je vous ai coules.

Et qui portent la mort dans mes sens attristési Oui, que mou repentir vous touche et vous apaise!

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