ACTE II, SCÈNE X. aaS
Si mes chiens, mes chevaux, mes gens, tout ce fracas Vous déplaît clans le parc, soit, sans cérémonie, Faites passer ce train à l'écurie.
LE BAROiN.
Ma foi, j'ai commencé par-là.
LA COMTESSK.
c'est fort bien fait à vous : laissons donc tout cela. {faisanl la révérence à la marquise, et continuant de parler au baron.) A ce qu'il me paroit, madame est votre nièce?
(à la mnrfiui.se. ) Est-ce que vous souffrez cette iiuraeur au baron? LA M A u Q u I S E , ijracicusement.
Mais je u'ai pas vos droits dans la maison. VALSAlx, au baron et à la comtesse.
Allons, plus de débats , au moins de cette espèce.
LA MARQUISE
Oui, oui, mon parent a raison; llien de moins naturel qu'une pareille guerre.
LA COMTESSE
U oubliera bientôt les fleurs de son parterre.
Il est bon convive et chasseur; Et je veux dans les bois, et je veux à sa table Lui tenir tête , et regagner son cœur.
v A L s A I N , à la comtesse.
Voyez, vo^ez comme il devient aimable!
Je veux que ce soir même, entièrement séduit, En amant espagnol, il vous donne une aubade. Pour achever de gagner son esprit , Proposei-lui la promenade,
De vous montrer complaisamment Les richesses de son domaine.
LA MARQUISE
Laissons à la comtesse un peu reprendre haleine.
LA COMTESSE
Bon ! je me délasse en courant ; Mais cependant, baron, avec votre agrément, Pour marcher à mon aise et vous suivre sans peine,
Je quitterai cet habit qui me gêne; Et sous mon uniforme, uniforme charmant De dragon , vous allez me revoir à l'instant. J'en ai même besoin pour risquer des folies: Baron , faites ouvrir toutes vos galeries, Et je vous suis.
{Elle sort.