‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 157 sur 208 · SCÈNE XIJ · texte numérisé non relu

SCÈNE XIJ

LE CHEVALIER, MARTHON

LE CIIEVALI En.

Je ne sais que penser de cette extravagance: D'abord en arrivant pourquoi chanjjer d'habit?

MARTHON.

Pour se mettre à son aise ; elle vous l'a bien dit.

LE CHEVALIER

Et je suis étonné, Marthon, de cette aisance.

[Un court silence, un air dinquiétnde.) Ecoute.. \ Cnnuois-tu cette comtesse?

MARTHON.

Non.

LE CHEVALIER, mêmejcu.

Et la marquise et le baron?

MARTHON.

Fort peu : c'est une conuoissance Faite par ce dernier chez un de ses voisins.

LE CHEVAII ER.

Coiinoissance légère?

Oui. Mais à quelles fins Ces questions?

LE CHEVALIER

Elles sont d'importance.

Je la connois de nom, et même sa maison. Elle a (le par le monde un frère fort aimable

22b LE JALOUX.

Qui lui ressemble même à s'y tromper, dit-ou,

Le beau comte de Florimon, Un Adonis moulé sur celui de la fable, Dont le teint, la fraîcheur , les grâces, et le ton ,

Sont d'une belle et non pas d'un Alcide ; Et l'on conte à Paris cent tours de sa façon , Joués à la faveur de ce minois perfide.

MARTHON, air attentif , malin, et faux.

Et ce dangereux frère.. .?

LE CHEVALI ER.

Est officier dragon.

MARTHON.

Du régiment de la comtesse.

LE CHEVALIER, inan/uaiit par un geste de l'humeur de cette plaisanterie, et continuant en appuyant sur-tout.

Et Valsain à l'instant montroit beaucoup d'adresse Pour l'annoncer à la marquise.

MARTHON, même jeu.

Bon!

LE CHEVALI ER.

Pour la tranquilliser et lui donner le change , L'accoutumer d'avance à sa conduite étrange, A ses airs cavaliers, à ses tons indiscrets...

MARTHON.

Oh! je vois la finesse; après?

LE CHEVALIER

Valsain aura trouvé ce trait de gentillesse...

.MARTHON.

Délicieux.

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