ACTE ni, SCÈNE IV. ^i
Ma situation seroit plus supportable.
La comtesse... Valsaiu sur-tout eu ce moment
Me contrarie étrangement ; Et je dois les rejoiiulrt,'.
M A RTIION.
Eh ! point de complaisance.
Je vais , si vous voulez , vous débarrasser d'eux , Sous prétexte d'affaire excuser votre absence; t;t nous soupirerons librement toutes deux.
Quand votre humeur, votre mélancolie.
Auront bien eu leur cours... alors tranquillement
Vous rejoindrez la compagnie.
LA MARQUISE
Je ne puis me conduire aussi légèrement.
MA RTHON.
Ne vous mêlez de rien ; restez la seulement,
Et profitez de mon idée.
D'ailleurs, vous devez être ennuyée, excédée. D'avoir du haut en bas parcouru le château , Visité le jardin, le parc, les pièces d'eau: Ces exercices-là sont bous pour la comtesse; Mais pour vous , élevée avec délicatesse,
Et qui vous fatiguez souvent Rien qu'à vous promener dans votre appartement, La course d'aujourd'hui n'est pas trop raisonnable.
LA MARQUISE
Je suis lasse à mourir, à parler franchement , Et j'ai peine à braver le sommeil qui m'accable.
M A RTHON.
Eh! pourquoi refuser son secours favorable'
LA MARQUISE
Malgré tous mes efforts, il s'empare de moi.
[baissaiU un peu la voix.) Fais ce que tu disois ; je m'en rapporte à toi : Que mon oncle sur-tout...
M ARTHON
Comptez sur ma prudence :
Il ne grondera pas.
LA MARQUISE
(d'un ton encore plus bas. ) Valsain...
MARTHON.
Des plus polis, Pour se désennuyer un peu de votre absence , Plaisantera quelqu'un de ses amis.
(à part. ) Ce Valsain-là l'inquiète et l'alarme, Autant que son jaloux l'intéresse et la charme. Ah! les gens comme lui, malins et curieux. Fiers, je ne sais pourquoi, d'être froids, impassibles,
.Sont les fléaux des âmes trop sensibles. Et l'on ne peut s'aimer à son aise avec eux.
( allant à sa maîtresse. ) Madame n'a plus rien sans doute à me prescrire?... Mot... Ses yeux sont fermés... à peine elle respire.
LA MARQUISE, rêvUllt.
Ah ! chevalier...
MARTHON, écoutant et n'entendant plus rien.
Heim? plaît-il? quoi? comment?