‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 165 sur 208 · ACTE m, SCÈNE IV. a.lg · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IV. a.lg

L'homme qui u'a brûlé que de légères flammes , Ju{;eant sur leurs erreurs l'innocente beauté. Sont lie lâches tyrans qui révoltent nos âmes. M;iis ces hommes ardents, inquiets, véhéments. Cédant à leurs transports, à leurs emportements, Par un excès d'amour qui troulde tous leurs sens.

Intéressent toujours les femmes.

Voilà le chevalier : tel je l'ai vu cent fois. Même encor plus charmant, quand, dans sa folle ivresse, Au-dessus d'elle-même élevant sa maîtresse, Et tremblant de la perdre, il pensoit que les rois. Les sages, les héros qu'embellit la victoire. Dévoient mettre à mes pieds leur puissance et leur gloire. ' «Non, il n'est point d'amants comme lui délicats,

<■ Qui sachent mieux , avec plus de magie ,

« D'une maîtresse honorée et chérie " Relever à propos jusqu'aux moindres appas. « Je sais que les gens froids, que les âmes passives,

« Pourront blâmer mon tendre attachement, « Ne voir que les fureurs, les torts de mon amant,

« Ses éternelles récidives.

" Mais cet homme asservi ne vivant que pour moi, « Me préférant à tout, ne cherchant qu'à me plaire, « Que d'un mot je rassure et je glace d'effroi, « Puis-je l'envisager avec un œil sévère? « L égoï.sme par-tout régne inhumainement.

Les bienfaits ne sauroient enchaîner ceux qu'on aime ;

' Ces vers avec guillemets ne se disent pas au théâtre.

24o LE JALOUX.

Mais je puis dire hautement :

Celui que j'ai choisi me préfère à lui-même; .Te n'appréhende rien dans le monde avec lui; Il est mon protecteur, mon vengeur, mon appui; Mon bonheur fait le sien, sa fortune est la mienne; Pour conserver ma vie il donneroit la sienne. Quels torts n'effacent pas les soins d'un tel amant? Et ces torts, de s'en plaindre a-t-on bien le courage? De l'amour même encor ne sont-ils pas l'ouvrage?

De qui veuiez-vous donc vous plaindre en arrivant?

LA MARQtJ ISE.

Tu vois, tu vois pour lui jusqu'où va mon penchant...

{Ici la marquise s'assied sur une bergère ou ottomane, qui doit être à sa droite, à quelque distance cependant des coulisses, et à neuf ou dix pieds au plus de l'orchestre , sur nos grands théâtres. Marthon doit avancer la bergère, si, dans le moment ou la marquise songe à s'asseoir, elle est trop reculée. ) Mais ne crains pas cependant ma tendresse ;

Va, la raison saura venir à mon secours: Si je ne puis surmonter ma foiblesse,

Nous nous séparerons.

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