‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 168 sur 208 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA MARQUISE, eHrfo»mà; LE CHEVALIEH.

LE CHEVALIER, entrant d'abord sans voir la marquise.

On ne sauroit tromper les regards d'un jaloux.

La marquise me fuit, et je lui veux apprendre...

Comment! elle repose... Eli bien! il faut l'attendre...

( Petite pause. Il se tient toujours à quelque distance de la marquise , un peu plus, un peu moins, tantôt à sa droite, tantôt à sa gauche ; il ne doit jamais tourner le dos entièrement au parterre; ses attitudes sont de profil pour la marquise et le public. Ceci n'est qu'un avis qui ne doit pas qêner l'acteur, s'il imagine mieux. )

Je puis du moins en paix la voir et l'admirer.

3 14 LE JALOCX.

Ouelle sérénité m'inspire sa présence !

Son tranquille sommeil prouve son innocence.

Et je commence à respirer.

O vous qui la livrez à ma vue attentive,

Amour, Amour, comblez mes vœux; Pénétrez pas à pas dans son ame craintive;

Entretenez-la de mes feux; Présentez-lui mon imajje fidèle,

Et le tableau délicieux De la félicité que j'éprouve auprès d'elle.

{Des repos, des nuances d'amour et de jalousie.) Je demande à l'Amour des songes, une erreur, Qui l'occupent de moi pendant qu'elle repose; Et peut-être ii l'instant à ses yeux il expose Va rival que lui-même a gravé dans son cœur! Que faire? Ah 1 je voudrois savoir ce qu'elle pense. Mais quelle crainte! Non; respectons sa vertu:

Le moindre doute est une offense.

Ah! si dans ce salon on ra'avoit prévenu. Eli bien ! l'on auroit vu, contemplé tant de charmes. Voilà pourtant, voilà de trop justes alarmes. On ne doit pas ainsi dormir imprudemment. D'autre part, si Valsain, quelqu'un, en ce moment, iNous suiprenoit ensemble... ah ! l'excès de mon zèle Offenseroit sa gloire, et je tremble pour elle! Il faut la fuir. La fuir! oui; mais en m'éloignant,

Si je perdois l'occasion pressante De l'informer à temps et bien exactement Des perfides complots d'un indiscret amant ! Le danger qu'elle court me glace et m'épouvante...

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