ACTE IV, SCÈNE XIII
LE CHEVALIER
D'un jeune audacieux...
Je suis épouvanté moi-même et furieux
D'une action aussi hardie. Mes cheveux, hérissés sur mon front palissant. Sont tout inondés d'eau qui couvre mon visage; Et ma langue, épaissie en mon palais brûlant, Ne sauroit exhaler les transports de ma rage.
PASQUlN, troublé de l'état de Sun maître. Ah! monsieur, reprenez vos esprits effrayés, Et daignez m'écouter.
LE CHEVALIER, se rasseyant.
Oui, je serai tranquille, La fièvre cessera de tourmenter ma bile. Quand j'aurai vu tomber mon rival à mes pieds. Tiens, porte ce billet au comte; {Il y met l'adresse, le cachette, et ne le donne pas.) Demande-lui réponse prompte, Et viens me l'apporter encor plus promptement.
PASQDI.N.
(à part. ) ( haut. )
Je ne puis y tenir... Écoutez un moment.
LE CHEVALIER
Non , je n'écoute rien que ma juste furie.
PASQOl N.
C'est cette femme en homme travestie...
LE c H E V A L I E R , ve levant.
ij'esi un homme, faquin.
Ah! monsieur, dus-.ie/.-vou»
a^o l.E JALOUX.
Me chasser sur-le-champ et me rouer de coups,
Je vous dirai que votre esprit s'abuse, Qu'à vos dépens ici tout le monde s'amuse ; Que Marthon elle-même et votre serviteur
Nous rions de votre foiblesse, Et que ce pauvre comte est bien une comtesse, N'aspirant que pour elle à troubler votre cœur. LE CHEVALIER, ttvec fureur, après l'avoir écouté avec uAe sorte d'étonnement.
Quoi! tu me trahissois?
p AS nu IN.
Oui, pardon , mon cher maître; Pour votre intérêt seul.
LE CHEVALIER, Comme par réflexion et revenant à
sa jalousie. h
Non ; cela ne peut être; Et je ne puis te croire, après ce que j'ai \u. C'est sans doute à présent que tu parles eu traître : Le piège est assez bien tendu.
PASQUIN
Quoi ! je vous suis suspect?
LE CHEVALIER
Ta peine est inutile:
Et , si trop de bonté n'arrétoit mon courroux...
PASQUIN
Monsieur, encore un coup , où vous emportez-vous?
LE CHEVALIER, précipitamment.
si je ne te savois un sot, un imbécile.
Qui ne voit rien , laisse tout échapper, Je te croirois un fourbe habile