SCÈNE I
MARTHON, VALSAIN.
V A I. s A I N , gaiement.
Il faut mettre par-tout des postes avancés; Que sur tous les cherauis des gardes soient placés. De crainte d'accident. L'aventure est comique; Mais il faut l'empêcher de devenir tragique.
MARTHON, du même ton.
Ouoi! vous craignez, monsieur, les suites du défi? Qu'avec le chevalier la comtesse imprudente Ne se batte en champ-clos?
VALSAIN.
J'en ai quelque souci :
Elle est, pour ne rien craindre, assez extravagante. Mais que fait le baron? Que dit-il de ceci?
MARTHON.
Il est allé trouver madame la marquise,
l".t se propose bien de l'amener ici :
li veut se ménager l'effet de sa surprise.
LE JALOUX. a8i
Il est un ppu fâché qu'on se couche si tard ; Mais le tableau présent sourit à son regard. Oui, tout cède en son cceur au soin de la vengeance, Au soin de détromper sa nièce d'un jaloux... Ils arrivent tous deux : je m'éloigne de vous, Pour n'être pas suspecte ici d'intelligence; Ce seroit trop risquer ; madame [lourroit bien Approuver votre zèle , en condamnant le mien.
{Elle sort.)