ACTE V, SCÈNE VII
J'ai voulu les payer d'uuc égale folie, Et mettre ainsi le comble à sou illusion: Mais, tenioiu attendri de sa contusion , Je me repeus déjà de mon étourderie, Et je veux que ceci me serve de leçon.
(au chevalier.) Je conviens avec vous que je suis un peu folle. Que je saisis vos airs et votre ton frivole : Mais comment ai-je pu troubler votre raison? Et quand j'ai pris tantôt la fuite à votre vue. Quand tout-à-l'heure encor, là, non moins éperdue, J'évitois, chevalier, ce combat inégal Que vous me présentiez en cavalier loyal, Pouviez-vous à ces traits méconnoître une femme? lieprenez vos esprits...
Se pourroit-il, madame...
VALSAIN.
Bon ! il en doute encor.
LA COMTESSE, Cil riant.
Je ne puis, en honneur, Aller plus loin pour vous tirer d'erreur. LA MARQUISE, au chevalier.
V.h bien ! que dites-vous de cette extravagance, De ces emportements?
LE CHEVALIER
Que dirai-je, sinon Que j'ai perdu par vous , sens, esprit, et raison , Que l'ai lassé votre indulgence, Et que l'excès de ma démence
ago LE JALOUX.
Ne mérite pas de pardon.
Je n'entreprendrai pas d'excuser ma foiblesse. Si, malgré vos vertus, votre délicatesse, Je n'ai pu vous aimer sans trouble et sans effroi. Rien ne peut me changer ; et je sens que je doi Renoncer à l'amour, qui n'est pas fait pour moi. Vous, comtesse, excusez uu aveugle délire. Dont ma confusion venge assez vos appas. Mais, après cet aveu, ne vous offensez pas Si j'ose librement vous dire :
A mes regards pourquoi vous masquiez-vous? J'aurois à la beauté rendu mon juste hommage , Et vous n'auriez fixé que les soins d'un jaloux. A l'amant qui perd tout pardonnez ce langage.
(à la marquise. ) Adieu , madame , adieu ; je cède à ma douleur : En m'éloignant de vous , je vous laisse mon cœur.
{Il sort.)