SCENE I. I
Mais je n'eu dois pas moias lui conserver ma foi; Je sais me respecter.
C'est fort bien fait, madame.
Mais ne craijjnez-vous pas dans le fond de votre ame Ce dangereux dégoût qu'un époux aujourd'hui Avec trop de raison vous inspire pour lui; Et ce goût que Lindor , un jeune homme adorable?...
Mme LISB.\N.
Mais je ne l'aime pas, rien n'est plus véritable.
Où prends-tu donc ce goût?... Un enfant de seize ans!
M.'VRTIION.
Une femme de vingt. Voilà de braves gens Pour combattre lamour! Grande disconvenance. Pour faire tant sonner votre âge et sou enfance l
«•ne LIS BAN.
Il est entre nous deux des obstacles plus grands. Si je me défiois de nos amusements, Je ne le verrois plus.
MAHTHON.
Voilà comme les belles, Par pitié pour l'amour, osent présumer d'elles : Ce n'est jamais leur faute.
Mni« Lisn A \.
Est sage qui le veut.
MA RTHON.
Dites plus vrai, madame; est sage qui le peut.
Ml"e LISB A N.
Tu plaisantes, Marthon ; el, malgré ton système, A toi je m'en rapporte ; oui, Marthon, à toi-même.
11 n'est pas que quelqu'un ne t'ait dit des douceurs : Eh bien ! je gagerois que, ferme en tes rigueurs...
Ne gagez pas.
Mine LISBAN.
Comment! Perdrois-je ma gageure?
MA RTHON.
Non : mais vous gagneriez de si peu , je vous jure , Que je me garderois de tirer vanité D'un triomphe si mince et si peu mérité.
M"ie LISBAN.
Ainsi donc ta vertu , si j'en crois ton langage, A couru plusieurs fois les dangers du naufrage?
Elle a petisé périr.
Mine LISBAN.
Et mon petit parent.
Il te faisoit la cour; parle-moi franchement: Marthon, qu'en dit ton cœur?
MARTHON.
Je l'aime à la folie.
Il m'en conte, madame, il me trouve jolie. Cela me fait plaisir. Mais quelqu'un vient à nous: Ferme, tenez-vous bien; c'est monsieur votre époux.
HKURF.ITSF.MKNT. ii