‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 29 sur 208 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MAKTHON, LINDOU.

LINDOK.

Kh î bonjour, mon enfant.

Voilà mon étourdi

UNDOR.

Laisse-moi l'embrasser.

MARTHON.

Vous êtes trop hardi, n N D o R .

Tu plaisantes. Je viens, sous l'habit d'ordonnance. De faire mes adieux presque à toute la France; Et plein d'impatience à tes pieds je me rends.

M A RTHOX.

Après toute la France.

LIXDOR.

Il est des soins décents.

Il falloit faire voir à la cour, à la ville , Quo Lindor n'étoit pas un sujet inutile, il ne me reste plus qu'à prouver à Marthon...

On ne me prouve rien.

Finissez.

HKlJUELlSEMliNT.

Ll.VDOn.

'J'out de bon?

MARTHON.

Tout de bon.

LIN DDR.

Le refus, sans doute , est pour la forme? Comment me trouves-tu sous i'iiabit uniforme? j'ai bon air, n'est-ce pas? Je veux que mes habits Reviennent tout cribles de balles de fusils. Ne nous attristons pas, point de mélancolie. Parbleu 1 je vais entendre une belle harmonie, Un tapage d'enfer... Nous ferons de beiux sauts. Nous ne tirerons pas notre pondre aux moineaux. Je viens en ce moment d'acheter une bète Qui me secondera dans ces beaux jours de fête; Un cheval de bataille, excellent, plein d'ardeur. Et docile à la main d'un adroit conducteur: Il est fier... comme moi ; nous ferons des merveilles. Je viens de lui tirer entre les deux oreilles Vingt coups de pistolet, qui ne l'ont pas ému: Nous serons bien ensemble ; eh! Marthoii, qu'en dis-tu?., A propos , comment va la charmante cousine?

MARTHON.

Il est temps d'y penser.

Ta friponne de mine Me fait tout oublier.

MA RTHON.

Mais vous n'y ptnsei pas:

SCENK VI. ly

Vous lie m'a\ez encor parlé que de combats.

H XDOR.

Oli ! je sens le reproche, et je prétends, ma reine...

E\i ! pensez à madame , elle en vaut bien la peine.

LINDOK.

I h mais ! j'y pense aussi : mais mon nouvel état... Morbleu! le bel habit que l'habit de soldat! liens, de la tête aux pieds sans cesse je me mire. Mais regarde-moi donc. Je veux que l'on m'admire. Ce chapeau sur les yeux ne me sied-il pas bien? Ne me donne-t-il pas un petit air vaurien,

Un air audacieux qui sied au militaire, Un air de grenadier?

oh ! vous aurez beau taire. Vous n'aurez jamais l'air que d'un homme channant.

Eh mai*! ce n'est pas là, .Marthon, un compliment. Si je n'impose pas par un bras torinidable, Ce bras n'en sera pas trouvé moins redoutable.

MARTHON.

l'ourra-t-il manier un sabre, un mousqueton? l,e bel homme , ma l'oi !

l.INDOR.

Tu plaisantes, INIarthon.

II faut, pour te punir de tant de défiance,

il faut c{ue je t'en fasse éprouver la puissance: l'oint di- quartier, je vais te traiter en hussard.

>.o HEUREUSEMENT

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