‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 39 sur 208 · SCÈNE l · texte numérisé non relu

SCÈNE l

Le théâtre représente l'appartement du protecteur; on y voit deux bureaux remplis de livres, de manuscrits, et de papiers de musique ; plus loin on aperçoit un tableau sur le chevalet. Le salon est garni de fauteuils, d'instruments répandus çà et là.

LE PHILOSOPHE

Ah! monsieiirlhomme sensé, ou du moins qui vous piquez de l'être, vous avez fait là une belle démarche. Vous rencontrez Forlise dans une maison, on vous l'annonce comme un protecteur des arts; vous vous prévenez en sa faveur, il se passionne pour vous; il vous engage à le venir voir : vous n'hésitez pas à lui promettre, et vous voilà chez un protecteur artiste. Vingt instru-

ments de toutes les façons, répandus dans tous les coins et recoins du salon ; de mauvaise musique étalée sur le bureau, et notée à la main; un tableau détestable placé sur le chevalet ; tout m'annonce la manie de mon original, et le caractère de ses protégés, qui l'entretiennent sans doute dans autant de ridicules... Eh bien ! qu'importe? il ne faut point perdre ses pas. Je comptois trouver un grand homme, des gens à talents; je verrai un nain, un pygmée monté sur des échasses, à qui des flatteurs persuaderont qu'il est véritablement grand : cela m'amusera ; ce tableau peut mériter un coup d'œi! philosophique ; il est bon de voir de près certains ridicules, pour n'être pas tenté de les prendre soi-même. Voilà sans doute deux protégés de monsieur le marquis : ils s'avancent , écoutons-les. (Il s'assied derrière un bureau.)

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