‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 40 sur 208 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

DU COLORIS

Il ne sait pas apparemment que le temps qu'un grand fait perdre à l'attendre est toujours employé à parler mal de lui.

LE PHILOSOPHE

Bon.

DU COLORIS

Je ne connois rien de plus ridicule que ce personnafje.

Dites de plus impudent.

nu COLORIS.

Il a la manie de tout savoir, et ne sait ïien.

ALLÉGRO

Il veut être artiste, musicien; et nous le sommes pour lui.

LE PHILOSOPHE, à part. Voilà deux lâches qui font le portrait d'un sot.

ALLÉGRO

Et avec tout cela, il ne nous ménage pas.

DU COLORIS

Il nous traite avec orgueil, avec mépris.

ALLÉGRO

Il n'est pas jusqu'à ses valets qui ne nous mesurent du haut en bas.

LE P H I L o S O P H F. , rt part.

rjii'' je leur sais bon gré de leur insolence!

4o LA MANIE DES ARTS.

DU COLORIS

Cependant monsieur s'habille, fait sa toilette, s'amuse avec ses chiens ou ses valets, dit une mauvaise plaisanterie qu'il veut que nous trouvions bonne, se lève, prétexte une affaire, nous tend la main, et nous renvoie.

ALLÉGRO

Et monsieur Dumont, son valet de chambre?

DU COLORIS

C'est encore un autre impertinent.

ALLÉGRO

Il vous protège aussi.

DU COLORIS

Il faut le ménager pour avoir 1 oreille de son maître.

LE PHILOSOPHE, à paît.

Monsieur Dumont doit valoir son pesant d'or.

DU COLORIS

Patience, que j'aie fait mon chemin...

ALLÉGRO

Queje me voie au-dessus de mes affaires...

DU COLORIS

Comme je vous le mène, ce petit monsieur!

ALLÉGRO

Comme je lui fais changer de ton ! Je ne veux plus qu'on me parle musique.

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