SCÈNE I
L'HOTE, UN DOMESTIQUE en livrée; GARÇONS d'auberge et gens de livrée ^personnages muets.
{^L'hôte entre, suivi de quelques ims de ses garçons, qui sont en veste, en bonnet, en tablier veit, et de quelques gens de livrée portant des valises.)
l'hôte, à ses garçons.
Allons , grand feu par-tout : que le sommelier, le cuisinier et l'écuyer ne s'écartent pas, et soient aux ordres des illustres étrangers qui nous arrl-
8o LES AMANTS GÉNÉREUX
vent. (« un des domestiques.) Qui sont vos maîtres?
LE nOSlES TIQUE.
De {Tfands seigneurs.
Tant pis : cela fait beaucoup de bruit et peu de dépense, (aux domesti<jues portant des valises.) Attendez, attendez un moment ici, messieurs; on va vous faire passer là-dedans, {au domestique.) Nous donnons à vos maîtres l'appartement d'un officier disgracié qui loge ici depuis longtemps ; et nous le plaçons un peu plus haut : mais encore faut-il bien le déménager pendant son absence , et avoir soin de ses effets ; car vous n'en répondriez pas , messieurs.
LE DOMESTIQUE
Ce ne seroit pas la peine de les trouver. l' h ô t e.
Je le conçois, {h ses fjarrons.) Qu'on donne à ces gens-ci de mauvais lits et de bon vin, afin qu'ils s'amusent plutôt à boire qu'à dormir. ( au domestique. ) Vos maître.s seront bien, auront de bons lits, des appartements commodes. C'est le meilleur hôtel garni de Berlin. C'est ici que logent tous les princes d'Allemagne, et j'ai eu l'honneur d'y recevoir les ministres île France et de l'empereur.