‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 66 sur 208 · ACTE I, SCENE I. 8i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. 8i

LE DOMESTIQUE

Il VOUS inaiiquoit d'avoir reçu monsieur le comte.

l'hôte.

A la bonne heure. Fait-il de la dépense? Aimet-il la bonne chère?

LE DOMESTIQUE

Il boit et mange en Allemand, et paie en Anglais.

Oh! s'il fait de la dépense, je le traiterai comme une altesse : cela ne nous coûte rien à nous autres , et nous donnons ici du monseigneur à tous les aventuriers qui voyagent avec des ducats, quoique nous apprenions de leurs gens que ce sont des marchands de Londres ou de Paris.

le domestique.

Fort bien.

l'hôte.

Monsieur le comte est donc un gros seigneur, qui fait de la dépense et qui paie? C'est bon à savoir. Et cette personne qui voyage avec lui, estce sa femme, sa fille, ou bien sa bonne amie?... Elle est jolie, au moins.

le domestique.

C'est sa nièce. Il n'a jamais voulu se marier,

8a LES AMANTS GÉNÉREUX,

parcequ'il n'y avoit pas de parti assez noble pour lui en Allemagne.

l'h 6 te.

Quel malheur pour sa posle'rité !

LE DOMESTIQUE

Mais au reste c'est un bon humain que le comte

de Bruxhal... Il est un peu tier, un peu prompt,

un peu brutal ; mais il vous donne un soufflet,

un coup de pied , et un ducat en même temps.

Et un ducat en même temps? Oh! le marché est bon. Et sa nicce, donne-t-elle des soufflets et des ducats?

LE domestique.

Oh! elle donne, elle, des ducats et de bonnes paroles. C'est la plus douce, la plus aimable, la plus modeste, et la plus honnête personne du monde.

l'hôte.

Et comment vit-elle avec son oncle?

LE DOMESTIQUE

Comme on vit avec un oncle dont on attend toute sa fortune... Mais les voici.

( Les garçons de l'auberge se retirent. )

ACTK I, SCKiNK II. 83

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