ACTE I, SCENE IV. y
« Voilà l'homme qui peut seul me rendre heu- « reuse ; » au public," Voilà celui que j'ai pré- « teré , parcequ'il est le plus vertueux, et que je u veux estiuier et aimer mon mari. "
FANCIIETTE.
Il n'y a pas un mot à repondre à cela.
MINN A.
Que ces femmes, que ces hommes qui se marient sans respecter le mariage, ou qui restent célibataires pour pervertir l'ordre de la société , rougissent de leur conduite ; cette pudeur n'est que la honte de leurs dérèglements ; c'est un remords, et non pas une vertu. Mais moi, puis-je rougir d'aimer Téleim? Je veux être mère tendre, épouse fidèle : j'ai consulté mon cœur pour assurer ma vertu. Ne sommes-nous pas nées pour aimer? Ah! la belle passion que l'amour, quand il n'y a pas un seul homme en droit de nous la reprocher, et sur-tout quand nous ne pouvons pas nous la reprocher à nous-mêmes! J'aime Téleim ; et, après le plaisir de le lui dire, je ne sens que celui de l'avouer à tout le monde.
FAKCHETTE.
Vous avez raison ; je pense comme vous : mais je ne suis pas si à mon aise avec Paul Verner, et, quand on m'en parle, je rougis; et cependant, madame ..
93 LKS AMANTS GÉNÉREUX.
Oh! je le crois. Tu es trop bien élevée pour avoir la fausse pudeur dont je viens de parler ; à ton âfje , on rougit, parcequ'on n'a pensé à rien.
F ASCHETTE.
Grand merci de la politesse, mais j'ai pensé à tout.
MIXN A.
Tais-toi... Mais Ridern, que j'ai envoyé vers cet officier du même régiment que Téleim, ne revient pas : qui peut le retenir? Non, j'ai une impatience de savoir...
FANCHEïTE.
Mais Ridern vient de partir, madame.
MINN A.
Mais, pour faire mes excuses à cet officier que nous avons délogé, il ne faut pas tant de temps...
FANCHETTE
Maispour lui demander où peut être Téleim, les circonstances de son affaire...
Mais je ne l'ai pouit chargé de cela, mademoiselle; je ne lui ai ordonné que de prier l'officier...
FANCHETTE
Oh! je ne sais pas au juste ce que vous lui a\ei ordornié ; car vous l'avez fait venir et rêve-