SCÈNE
FANCHETTE, MINNA
FANCHETTE
Et VOUS le laissez aller?
Oui: sa fermeté m'en a imposé; et je ne saurois douter de son amour. Quel homme! Ah! respirons. Je viens d'afFecter vis-à-vis de Téleim une tranquillité qui me pèse encore sur le cœur. Je voulois égayer sa douleur, dissiper sa mélancolie, le ramener à lui-même, en ne lui offrant que mon amour. Vains projets; chaque réponse qu'il m'a faite m'a convaincue que tout étoit
perdu pour nous , s'il n'obtenoit pas la plus éclatante justiBcation.
F ANCHETTE.
Ah! madame, il l'obtiendra; croyez que la démarche de nos états, le tcmoif^naffe de monsieur le comte en faveur de monsieur le major, ouvriront les yeux au roi; et que sa justice...
Je l'espère.
FANCHETTE
J'en suis sûre... Le roi lui rendra tout, et pardelà. C'est notre ennemi; mais voilà comme je le juge.
MI^NA
Ce dernier trait vaudroit bien ses victoires. Mais, qu'il est loin, cet événement ! et que d'incertitude encore dans mon sort !
FANCHETTE
Point ; il n'est pas possible que monsieur votre oncle ne soit écouté, et que monsieur le major ne reparoisse avec tout son éclat. Je crois que monsieur votre oncle fait à présent xin beau bruit dans les bureaux.
Peut-être trop.
FANCHETTE
Oh! les {pands brailleurs y ont quelquefois