ACTE IV, SCÈNE II
AUISTE.
Cela se peut.
LISIMON.
Pourquoi me parler à demi?
Suis-je pas votre père, et de plus votre ami? Oui , votre ami , mon fils , et j'ai bien lieu de l'être D'un fils dont le bon cœur s'est si bien fait connoître, D'un fils de qui l'amour, de qui les tendres soins, Ont depuis si long-temps prévenu mes besoins.
ARISTE
Vous me rendez confus. Mais si j'ai pu vous plaire, En ne faisant pour vous que ce que j'ai dû faire, J'en veux la récompense.
LISIMON.
Et quoi?
ARISTE
C'est d'obtenir Que vous n'en rappeliez jamais le souvenir.
Soit. Je satisfei-ai votre ame généreuse : Je m'en fais une loi qui m'est bien onéreuse; Mais à condition , je suis ami prudent, Que vous me choisirez pour votre confident.
ARISTE
Eh bien ! vous le serez. Votre bonté décide...
Mais quand je veux parler, mon respect m'intimide.
LISI MON.
Est-ce ainsi qu'on en use avec un ami sûr? Tout franc, ce procédé me paroît un peu dur.
i66 LE PHlLOSOPHr-; MARIÉ.
ABISTE.
Ah ! ne me blâmez poiut, et plaignez-moi.
LISIMON.
Je gage Que ce trouble est l'effet de votre mariage.
ARISTE
{à part. ) Quel mariage? O ciel! sauroit-il mon secret?
LISIMON.
Celui qu'on vous propose.
ARISTE
Il m'alarme en effet
LISIMON.
Je m'en suis aperçu, sans vouloir vous le dire. Avançons. Avouez que votre cœur soupire Pour quelque autre beauté.
AR ISTE
Sans doute.
LISIMCV.
Apparemment Que VOUS êtes lié par quelque engagement'
ARISTE
Si jamais on le fut.
Ce contre-temps m'afflige :
Mais n'importe, achevez.
ARISTE
Je ne puis.
LISI MON.
.)r l'exige.