‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 119 sur 233 · ARISTE, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE · texte numérisé non relu

ARISTE, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE

CÉLIANTE.

Oui, son procédé m'irrite : ,

J'en veu\ avoir raison.

M ÉLITE

Modérez ce courroux :

Peut-être a-t-il dessein de se donner à vous.

i8o LK PHILOSOPHE MARif;.

Qu'il m'adore s'il veut; je le hais, le déteste. Me croyez-vous dom- fille à prendre votre reste?

A lllSTE.

lie qui parlez- vous là?

Al ÉLITE.

Nous parlons du marquis.

CÉ LIANTE

M'adorer par dépit! Ali ! le trait est exquis. Je voudrois bien savoir si, sans extravagance, Quelqu'un vous peut sur moi donner la préférence. Pour vous offrir ses voeux, ma sœur, plutôt qu'à mof , Il faut être imbécile ou philosophe.

AB ISTE

Eh quoi !

Toujours désobligeante? Est-elle criminelle. Si quelqu'un près de vous ose la trouver belle?

M ÉLITE

Me voyez-vous, ma sœur, chercher des soupirants. Ou, pour vous les ôter, m'offrir à leur encens ? Faut-il même avouer, pour vous rendre contente, Que mes traits font horreur , que vous êtes charmante? Je le déclarerai devant qui vous voudrez, Et tout autant de fois que vous l'exigerez.

CÉLIANTE.

Ce seroit là nous rendre une égale justice;

Mais je n'exige point un pareil sacrifice.

Ne parlez point pour moi : mes traits parleront mieux

A quiconque a du goût, de l'esprit et des yeux.

Quant à notre marquis, c'est chose très constante

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