ARISTE, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE
CÉLIANTE.
Oui, son procédé m'irrite : ,
J'en veu\ avoir raison.
M ÉLITE
Modérez ce courroux :
Peut-être a-t-il dessein de se donner à vous.
i8o LK PHILOSOPHE MARif;.
Qu'il m'adore s'il veut; je le hais, le déteste. Me croyez-vous dom- fille à prendre votre reste?
A lllSTE.
lie qui parlez- vous là?
Al ÉLITE.
Nous parlons du marquis.
CÉ LIANTE
M'adorer par dépit! Ali ! le trait est exquis. Je voudrois bien savoir si, sans extravagance, Quelqu'un vous peut sur moi donner la préférence. Pour vous offrir ses voeux, ma sœur, plutôt qu'à mof , Il faut être imbécile ou philosophe.
AB ISTE
Eh quoi !
Toujours désobligeante? Est-elle criminelle. Si quelqu'un près de vous ose la trouver belle?
M ÉLITE
Me voyez-vous, ma sœur, chercher des soupirants. Ou, pour vous les ôter, m'offrir à leur encens ? Faut-il même avouer, pour vous rendre contente, Que mes traits font horreur , que vous êtes charmante? Je le déclarerai devant qui vous voudrez, Et tout autant de fois que vous l'exigerez.
CÉLIANTE.
Ce seroit là nous rendre une égale justice;
Mais je n'exige point un pareil sacrifice.
Ne parlez point pour moi : mes traits parleront mieux
A quiconque a du goût, de l'esprit et des yeux.
Quant à notre marquis, c'est chose très constante