ACTE V, SCENE X. 2i
Et qu'il n'en rougit plus , puis-je trop me presser De suivre le chemin qu'il vient de me tracer?
GÉRONTE
Eh bien ! ma belle-fille est à vous. Sa naissance Est égale à la vôtre, et tout au moins , je pense.
LE .MARQUIS
D'accord.
GÉRONTE
Par elle-même elle a beaucoup de bien.
LE MARQUIS
Tant mieux.
GÉRO.NTE.
Et j'ai promis que j'y joiudrois le mien.
LE MARQUIS
Relraiichez cet article, autrement point d'affaire.
GÉRONTE
Vous opposer au don que je voulois vous faire ?
LE MARQUIS
Ce n'est point pour trancher ici du généreux. Un jour, je serai riche au-delà de mes vœux: Mais quand je serois né sans bien, sans espérance D'en avoir, je mourrois plutôt dans l'indigence Que de devenir riche aux dépens d'un arai. Monsieur, ne soyez point indulgent à demi : TS'on content d'approuver qu'il conserve Mélite , ])e deux parfaits époux couronnez le mérite. Je n'exige de vous d'autre condition Que de leur assurer votre succession.
ARISTE, en l einhrassnut.
Ami trop généreux!
2i4 LE PHILOSOPHE MAIUE.
LISIMON.
Ce procédé m'enchante.
GÉRONTE
La déclaration est nouvelle et touchante. Ma nièce, mon ne\eu, je voulois vous punir; Mais tout parle pour vous, je n'y puis plus tenir: Vous aurez tout mon bien, en dépit de moi-même.
MÉLITE
Puisque Ariste est heureux, mon bonheur est extrême.
GÉRONTE
Mon frère, allons dresser et signer deux contrats.
ARISTE, à Céliante.
Nous en signerons trois. N'y consentez-vous pas?
MEUTE, à Céliante.
Vous résistez en vain : Damon a su vous plaire ; Donnez-lui votre main.
ARISTE
Vous ne pouvez mieux faire.
Il vous cachoit son rang; mais je suis caution Qu'il est homme d'honneur et de condition.
CÉLIANTE.
Je vous crois : mais enfin...
FINETTE, à Céliante.
Allons, un bon caprice.
DAMON
Je vois que, malgré vous, vous me rendez justice.
CÉLIANTE.
Oui, monstre, il est écrit que je t'épouserai :
Mon penchant m'y contraint; mais je m'en vengerai.