SCENE IX
père a beaucoup d'égai-ds pour lui : nous lui confierions notre secret, et il pourroit nous secourir. Mais il est à la campagne depuis huit jours, et nous ne savons quand il sera de retour. l'épi>e.
Parbleu! vous voilà bien embarrasses! J'ai trouvé un moyen pour vous tirer d'affaire.
CLÉON
Quels conseils peux-tu nous donner, dans l'état où te voilà?
l'épine.
Le vin nie donne de l'esprit, à moi. Silence ! je vais parler.
CLÉON
Voyons.
l'épine, montrant Isabelle.
Premièrement , il faut que mademoiselle s'explique avec M. Oronte, et qu'elle lui dise, avec beaucoup de politesse et de douceur : Monsieur mon père, vous ne savez plus ni ce que vous dites , ni ce que vous faites.
nérine.
Beau début !
l'épine, h Cléou.
En second lieu, vous parlerez, vous, à ce vieux roquentin qu'on veut faire époiiser à mademoiselle.
38 LE TRIPLF. MARIAGE.
CLÉON
Eh bien ! que lui dirai-je ?
Vous le prierez très honnêtement, car je veux de l'honnêteté par -tout, moi, de sortir d'ici tout le plus tôt qu'il pourra; mais ;i condition qu'il n'y rentrera jamais.
CLÉON
Le beau compliment !
Il pourra fort bien arriver qu'il n'en voudra rien faire; tant mieux.
CLÉOR.
Comment! tant mieux?
l'épine.
Oui vraiment: nous en serons plus tôt défaits; car, sur le refus qu'il fera de passer la porte, nous le ferons sortir par les fenêtres.
CLÉON
Eh! tais-toi, maraud! et laisse-nous en repos consulter...
( Pasquin crie derrière le théâtre, T't/ïaiif.' BriJ'faut! et l'on entend donner du cor.) NÉniiNE, rt part.
J'entends quelqu'un... C'est la voix de Pasquin.
ISABELLE
Âh ! si c'est lui , mon frère n'est ]ias loin.