ACTE V, SCÈNE V
LISIMON.
Qui? moi? Je n'en ai point.
Comment donc? Vous n'avez aucune seigneurie?
LISIMON.
Ah ! je me souviens d'une. Écrivez, je vous prie.
( // dicte. ) Antoine Lisimon, écuyer.
LE COMTE
Rien de plus?
LISIMON.
Et seigneur suzerain... d'un million d'écus.
LE COMTE
Vous vous moquez, je crois? L'argent est-il un titre?
lis: mon.
Plus brillant que les tiens; et j'ai dans mon pupitre Des billets au porteur, dont je fais plus de cas Que de vieux parchemins, nourriture des rats.
M. JOSSE, à part.
Il a raison.
LE COMTE
Pour moi, je tiens que la noblesse...
M. JOSSE
Oh! nous autres bourgeois, nous tenons pour l'espèce.
( à Lisimon. ) Çà, stipulons la dot.
LISIMON.
Le gendre que je prends M'engage à la porter à neuf cent mille francs.
.',.\S - LE GLOllIEUX.
M. JOSSE, au comte.
Voilii pour la future un titre magnifique, Et (jui soutiendra bien votre noblesse antique
L E c o M T E , à M. Jossc , bas.
Monsieur le garde-note, oui, l'argent nous soutient; Mais nous purifions la source dont il vient.
M. JOSSE
Et quel douaire aiu'a l'épouse contractante?
LE COMTE
Quel douaire, monsieur? Vingt mille francs de retile
LISETTE, à part.
Mon frère est magnifique. En tout cas, je sais bien I Que, s'il donne beaucoup, il ne s'engage à rîen.
M. JOSSE, an comte.
Sur (|uoi l'assignez-vous?
Oui.
LE COMTE, dictant.
Sur la baronnie De Mon (orgueil.
M. JossE, se levant.
Voilà votre affaire finie.
LISIMON.
Signons donc maintenant. La noce se fera Aussitôt qu'à Paris ton père arrivera.
LE COMTE
Mon père, dites-vous? Il ne faut point l'attendre : .lamais en ce pays il ne pourra se rendre. La gouHe le retient ;ui lit depuis six mois.