‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 232 sur 233 · ACTE V, SCÈÎSE VI. 35 i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈÎSE VI. 35 i

Oui , je suis votre fils , et vous êtes mon père. Rendez votre tendresse à ce retour sincère. ( // se met aux genoux de Lycandre. ) Il me coûte assez cher pour avoir mérité D'éprouver désormais toute votre bonté.

Lisi M ON, à L/canrfre.

Il a, ma foi, raison. Par ce qu'il vient de faire, Je jurerois, morbleu, que vous êtes son père.

LYCANDRE relève le comte, et [embrasse.

En sondant votre cœur, j'ai frémi , j'ai tremblé : I Mais, malgré votre orgueil, la nature a parlé. Qu'en ce moment pour moi ce triomphe a de charmes! Je dois donc maintenant terminer vos alarmes, Oublier vos écarts, qui sont assez punis. Mon fils, rassurez-vous ; nos malheurs sont finis. Le ciel, enfin pour nous devenu plus propice, A de mes ennemis confondu la malice.

Notre auguste monarque, instruit de mes malheurs , Et des noirs attentats de mes persécuteurs. Vient, par un juste arrêt, de finir ma misère. Il me rend mon honneur; à vous, il rend un père Rétabli dans ses droits, dans ses biens, dans son rang, Enfin dans tout l'éclat qui doit suivre mon sang. J'en reçois la nouvelle, et ma joie est extrême De pouvoir à présent vous l^innoncer moi-même.

LE COMTE

<Ju'entends-je? juste ciel! Fortune, ta faveur

Au mérite, aux vertus, égale le bonheur;

Oui, tu me rends mes biens, mon rang et ma naissance.

Et j'en ai désormais la pleine jouissance.

LVC ANDRE.

Devenez plus modeste, en devenant heuieu.x.

LISIMON.

C'est bien dit. Je vous fais compliment à tous deux, .le n'ai pas attendu ce que je viens d'apprendre, Pour clioisir votre fils en qualité de gendre, Parcequ'à l'orgueil près il est joli garçon. Voici notre contrat; signez-le sans façon.

LYCANDRE.

Quoique notre fortune ait bien changé de face, De vos bontés pour lui je dois vous rendre grâce; Et pour m'en acquitter encor plus dignement, Je prétends avec vous m'allier doublement.

USIMON.

Comment?

LYCANDRE.

Pour votre fils je vous offre ma fille, v A L È R E , à Lisette.

Je suis perdu.

LISlMON.

L'honneur est grand pour ma familU' Très agréablement vous me voyez surpris. J'accepte le projet. Mais est-elle à Paris, Votre fille?

LYCANDRE.

Sans doute, .\pprochez-vous. Constance; Et recevez l'époux....

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