ACTE V, SCÈNE VI. 3S
C'est Lisette.
LYC ANDRE
Ce nom a causé votre erreur.
Venez, ma fille. Comte, embrassez votre soeur.
LISIMON.
Sa sœur, femme de chambre.
LYCANDRE, au comte.
Une telle aventure Des jeux de la fortune est une preuve sûre. Grâce au ciel , votre sœur est digne de son sang. Sa vertu, plus que moi, la remet dans son rang.
VALÈRE
Quel heureux dénouement! Je vais mourir de joie.
i.sAEELLE,« Lisette.
Je prends part au bonheur que le ciel vous envoie.
LISETTE, «Il comte.
En me reconnoissant, confirmez mon bonheur.
LE COMTE
Je m'en fais un plaisir, je m'en fais un honneur.
L I SI M G N , à Lycandre. Et moi , de mon côté , je veux que ma famille Puisse donner un rang sortable à votre fille : Car avec de l'argent on acquiert de l'éclat ;; Et je suis en marché d'un très beau marquisat , Dont je veux que mon fils décore sa future. Dès ce soir, monsieur Josse, il faudra le conclure. ' Allez voirie vendeur; et que demain mon fils Ne se réveille point sans se trouver marquis.
( au comte. ) Etes-vous satisfait ?
LE COMTE
Ou ne peut davantage.
Bon. Nous allons donc faire un double mariage.
ISABELLE, au comte.
Mon cœur parle pour vous, mais je crains vos hauteurs.
LE COMTE
L'amour prendra le soin d'assortir nos humeurs. Comptez sur son pouvoir. Que faut-il pour vous plaire ? Vos goûts , vos sentiments , feront mon caractère.
L YCANDRE.
Mon fils est glorieux , mais il a le cœur bon : Cela répare tout.
LISI.MON.
Oui , vous avez raison ; Et s'il reste entiché d'un peu de vaine gloire, Avec tant de mérite on peut s'en faire accroire.
LE COMTE
Non , je n'aspire plus qu'à triompher de moi ;
Du respect, de l'amour, je veux suivre la loi.
Ils m'ont ouvert les yeux; qu'ils m'aident à me vaincre.
Il faut se faire aimer; on vient de m'en convaincre :
Et je sens que la g[lpir,e et la présomption
M'attirent que la haine et rindignatiou.
FIN DU TOME TREMIEn.