‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 46 sur 233 · JULIE · texte numérisé non relu

JULIE

Je suis pénétrée de vos bontés, monsieur, et vous ne vous repentirez point...

VA LE RE, à Oronte.

Quelles actions de grâces ne vous dois-je point, mon père!

ORONTE

Laissons là les compliments. Divertissons-nous pour célébrer ce mariage et celui de ma fille avec monsieur Michaut.

NÉRiNE, <J demi-voix ^ à Isabelle.

Allons , à vous , mademoiselle ; il faut sauter le fossé.

ISABELLE, h Oronte.

Puisque vous êtes en train de pardonner, mon père, et que vous avez tant d'indulgence pour mon frère etpour Julie, souffrez que je vous demande pour moi la même grâce.

ORO^■TE

Comment donc?

ISABELLE , montrant M. Michaut.

Je n'aime point monsieur; ne me contraignez pas à l'épouser, si ma vie vous est chère. J'ai pensé la perdre dans une longue maladie , qui n'a été causée que par le refus que vous avez fait de me donner à Cléon... {se jetant aux pieds d'Oronte) ; mais comptez que je vais mourir à vos ge-

noux si vous ne confirmezpas aussi notre mariage.

ORONTE

Si je ne confirme pas votre mariage? Est-ce que vous l'auriez aussi épousé secrètement ?

ISABELLE

C'est avec une extrême confusion que je vous l'avoue. Oui, mon père, Cléon est mon époux : il y a plus de six mois que je suis sa femme; et ma tante, qui a bien voulu nous unir ensemble... OROXTE, iinteirompant.

Mon oncle, ma tante!... Parbleu! je suis bien redevable à mon frère et à ma sœur du soin qu'ils prennent de maricrmesenfants...(rt il/. Micliaut.) Voilà une affaire où il y a encore moins de remède qu'à l'autre, monsieur Michaut, et je ne puis faire rompre ce mariage sans déshonorer ma fille.

M. MI en ATT.

Je n'ai donc qu'à prendre congé de l'honorable compagnie?

ORONTE

Allons , allons , je vois bien qu'il en faut passer par là... (« Nérine.') Qu'on avertisse Cléon que je le reçois pour mon gendre , mais à condition qu'il n'aura mon bien qu'après ma mort.

CLÉON, se démasquant.

J'accepte cette condition du meilleur de mon

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