‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 54 sur 233 · ARISTE, DAMON · texte numérisé non relu

ARISTE, DAMON

ARISTE

Me voilà justement. C'est Ja vive peinture D'un sage désarmé, dompté par la nature. Cest toi qui le premier, attaquant ma raison, Sus me faire à longs traits avaler le poison. Cruel ami ; c'est toi dont la langue éloquente Me fit de cet ohjet une image charmante : Tu vantas sa douceur et sa docilité; Ma confiance eu toi fit ma crédulité.

D AMON

Vous en repentez-vous?

ARISTE, surpris en t apercevant.

Ciel! que viens-je d'entendre?

Est-ce vous?

D A MON

C'est moi-même.

AR I STE

A quoi bo!i me surprendre?

Je ne vous surprends point. Vous me pariiez, et moi Je vous réponds.

ARISTE

Fort bien. Je vous jure ma foi Que je me cro\ois seul.

A mon tour, je vous jui'e

Que je suis fort surpris d'une telle aventure. Je vois qu'en votre esprit nie voilà décrié. Quel crime ai-je donc fa:t?

A R 1 s T E, 56 levant brusquement.

Vous m'avez marie.

DAMON

Le mal est-il si grand?

Il ne devroit pas l'être; Je m'en flattois du moins.

DAMON

N'êtes-vous pas le maitie, Si quelque chose ici vous peut blesser l'esprit, D'y mettre ordre au plus tôt?

ARISTE

Non; car il est écrit Qu'un mari doit toujours avoir lieu de se plaindre. Jusques à ce moment j'avois su me contraindre : Mais, puisque le hasard a trahi mon secret, Avec vous désormais je serai moins discret.

D AMO\

Je ne vous comprends point.

ARISTE

Pourquoi?

DAMON

Le mariage .

Quoi qu'on yn puisse dire...

ARISTE

F.tit 1141 rude esclavage.

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