ARISTE, DAMON
ARISTE
Me voilà justement. C'est Ja vive peinture D'un sage désarmé, dompté par la nature. Cest toi qui le premier, attaquant ma raison, Sus me faire à longs traits avaler le poison. Cruel ami ; c'est toi dont la langue éloquente Me fit de cet ohjet une image charmante : Tu vantas sa douceur et sa docilité; Ma confiance eu toi fit ma crédulité.
D AMON
Vous en repentez-vous?
ARISTE, surpris en t apercevant.
Ciel! que viens-je d'entendre?
Est-ce vous?
D A MON
C'est moi-même.
AR I STE
A quoi bo!i me surprendre?
Je ne vous surprends point. Vous me pariiez, et moi Je vous réponds.
ARISTE
Fort bien. Je vous jure ma foi Que je me cro\ois seul.
A mon tour, je vous jui'e
Que je suis fort surpris d'une telle aventure. Je vois qu'en votre esprit nie voilà décrié. Quel crime ai-je donc fa:t?
A R 1 s T E, 56 levant brusquement.
Vous m'avez marie.
DAMON
Le mal est-il si grand?
Il ne devroit pas l'être; Je m'en flattois du moins.
DAMON
N'êtes-vous pas le maitie, Si quelque chose ici vous peut blesser l'esprit, D'y mettre ordre au plus tôt?
ARISTE
Non; car il est écrit Qu'un mari doit toujours avoir lieu de se plaindre. Jusques à ce moment j'avois su me contraindre : Mais, puisque le hasard a trahi mon secret, Avec vous désormais je serai moins discret.
D AMO\
Je ne vous comprends point.
ARISTE
Pourquoi?
DAMON
Le mariage .
Quoi qu'on yn puisse dire...
ARISTE
F.tit 1141 rude esclavage.