‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 69 sur 233 · ACTE IT, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IT, SCENE I

Tout cela vainement ; je suis ensorcelée. Attends.

Quoi?

Je me sens aujourd'hui d'une humeur A le désespérer.

FIN ETTE

Quelque bonne vapeur Vous seroit à présent d'un secours admirable. Quand vous extravajjiiez, vous êtes raisonnable.

Je ne me suis jamais trouvé tant de raison.

FIN ETTE

Que Damon ne vient-il ! ^lais vous ferez l'oison Sitôt qu'il paroîtra.

J'excite mon courage A lui faire au plus tôt quelque sensible outrage. Prête-moi ton secours pour m'y déterminer; Traitons quelque sujet propre à me chagriner : Paile-moi de ma sceur.

FINETTE

Eh bien donc, ma maîtresse De notre philosophe a lassé la tendresse. li s'est abandonné, pour la preniièie fois, A (les vivacités qui, comme je prévois, Pourront dégénérer en aigreur très fâcheuse. Et rendre, quelque jour, votre sœur moins heureuse. Cela vous dépiaîî-il?

lie LE PHILOSOPHE MARlt.

CÉLIANTE.

Non : tu me fais plaisir.

Lu doux ravissement est prêt à me saisir. Le bonheur «le ma sœur excitoit mon e^vie, Et fait depuis deux ans le malheur de ma vie.

FINETTE

Enragez donc, madame, et pestez bravement; Leur querelle a produit un raccommodement Si tendre, si touchant, et si rempli de charmes, Que noire philosophe en a versé des larmes. Et moi (jui parle, moi, je ne puis y penser Sans sentir que mes yeux sont tout prêts d'en verser. (Elle plfure.)

CÉLIANTE.

Ils s'aiment donc toujours?

FINETTE

Plus que jamais, madauie.

Mou maître est à présent l'esclave de sa femme.

CÉLIANTE.

Le sot!

FI N ETTE

Plus elle prend le ton d'autorité, Et plus, (Icpui-i une heure, il en est enchanté.

Je n'y puis jiius tenir. Par quel charme Mélite Trioni|>lie-t-elie ainsi d'un homme de mérite? s'il étoit mon mari, comme je le voudrois, Plus il scroit soumis, plus je ra])prouvcrois. Mais avoir pour ma sœur une telle foiblesse! C'est un aveu[jlemeiit qui me choque et me blesse.;

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