‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 98 sur 233 · I. E iMARQUIS · texte numérisé non relu

I. E iMARQUIS

Ah ! ne rougissez point d'un si charmant aveu, ' Et daignez l'achever pour prix du phis beau feu...

cÉliante, minaudant.

Eh! de grâce, marquis, finissez ce langage; Vous feignez de m'aimer, et n'êtes qu'un volage.

LE MARQUIS

Je vous aime, et je veu.ic vous aimer constamment.

( à part. ) On ne peut pa^ mentir plus intrépidement.

CÉlI ANTE.

Je n'ose vous promettre une égale tendresse ;

Mais je sens que pour vous mon cœur parle et s'empresse.

Il me dit...

LE MARQUIS

Que dit-il?

CÉLIANTE, fl part.

Il dit que j'ai menti.

LE MARQUIS, à part.

Par ma foi , je la tiens.

CÉLIANTE, à part. \

Le voilà converti.

LE MARQUIS, à part.

Qu'une femme coquette est facile et crédule!

CÉLIANTE, à part.

Oh! qu'un amaut novice est fade et ridicule!

LE MARQUIS

Vous venez de tomber dans les réflexions?

laa LE PHILOSOPHE MARIÉ.

CÉLI ANTE

Je méilitois à part sur vos perfections.

I,E M ARy uis.

Et je me récriois eu secret sur les vôtres.

D A .M 0 N , se jetant tout d'un coup entre deux. Je croyois vos deux cœurs plus braves que les autres; Mais, dès le premier choc, ils se rendent tous deux.

CÉLIANTE, à part. Bon. Le voilà jaloux, et c'est ce que je veux.

( à Darnon. ) Vous avez entendu...?

DAMON

Tout ce qu'on vient de dire.

LE MARQUIS, à part.

Mélitele saura, c'est ce que je désire; Peut-être le dépit produira son effet.

(à Damon. ) De votre procédé je suis peu satisfait.

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