I. E iMARQUIS
Ah ! ne rougissez point d'un si charmant aveu, ' Et daignez l'achever pour prix du phis beau feu...
cÉliante, minaudant.
Eh! de grâce, marquis, finissez ce langage; Vous feignez de m'aimer, et n'êtes qu'un volage.
LE MARQUIS
Je vous aime, et je veu.ic vous aimer constamment.
( à part. ) On ne peut pa^ mentir plus intrépidement.
CÉlI ANTE.
Je n'ose vous promettre une égale tendresse ;
Mais je sens que pour vous mon cœur parle et s'empresse.
Il me dit...
LE MARQUIS
Que dit-il?
CÉLIANTE, fl part.
Il dit que j'ai menti.
LE MARQUIS, à part.
Par ma foi , je la tiens.
CÉLIANTE, à part. \
Le voilà converti.
LE MARQUIS, à part.
Qu'une femme coquette est facile et crédule!
CÉLIANTE, à part.
Oh! qu'un amaut novice est fade et ridicule!
LE MARQUIS
Vous venez de tomber dans les réflexions?
laa LE PHILOSOPHE MARIÉ.
CÉLI ANTE
Je méilitois à part sur vos perfections.
I,E M ARy uis.
Et je me récriois eu secret sur les vôtres.
D A .M 0 N , se jetant tout d'un coup entre deux. Je croyois vos deux cœurs plus braves que les autres; Mais, dès le premier choc, ils se rendent tous deux.
CÉLIANTE, à part. Bon. Le voilà jaloux, et c'est ce que je veux.
( à Darnon. ) Vous avez entendu...?
DAMON
Tout ce qu'on vient de dire.
LE MARQUIS, à part.
Mélitele saura, c'est ce que je désire; Peut-être le dépit produira son effet.
(à Damon. ) De votre procédé je suis peu satisfait.