‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 14 sur 326 · ANGÉLIQUE, LÉANDRE, LOLIVE, BABET · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE, LÉANDRE, LOLIVE, BABET

BABET

Ma sœur, ma sœur, je viens vous faire mon compliment.

ANGÉLIQUE

Et sur quoi?

BABET

Sur l'arrivée de votre prétendu.

ANGÉLIQUE

Monsieur des Masures est ici?

BABET

Je viens de le voir.

Que je suis malheureuse !

BABET

Que vous êtes heureuse, au contraire! Vous allez être mariée. En vérité, les aînées ont un beau privilège, 'de passer comme cela devant leurs cadettes. Ah! c'est toi, maître Pierre? bonjour. Bonjour, Nicolas.

LÉANDRE

Mademoiselle Babet, votre serviteur. Que vous êtes j olie !

a6 LA FAUSSE AGNES.

BABET

Vraiment oui, je le suis, je le sais bien ; c'est ce quon me disoit tous les jours à Paris, quand nous y demeurions, ma sœur et moi ; mais ici il n'y a personne que toi qui me le dise. Angélique, à Léandre.

Si vous la faites jaser, en voilà pour jusqu'à ce soir.

BABET

Laissez-nous dire , et allez-voir votre prétendu , qui vous attend avec impatience.

ANGÉLIQUE

Enfin le voilà donc arrivé?

BABET

Et très arrivé , je vous jure. Je l'ai vu descendre de carrosse. Ah! le beau carrosse! Je crois que c'est un fiacre de rencontre qu'il a acheté à Paris. Les glaces en sont vitrées à petits carreaux, comme les fenêtres de ma chambre.

LOLIVE.

Cela est d'un goût tout nouveau.

BABET

Ses trois chevaux sont encore plus étonnants que son carrosse.

ANGÉLIQUE

Comment, il est venu à trois chevaux?

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