ACTE I, SCÈNE III
sanspair, sérieusement.
Oui, monsieur.
LAFLEUR
Par ma foi , Je ne croyois pas l'être.
SANSPAIR.
Et cependant vous l'êtes.
LAFLEUR
Moi? Je suis confondu d.es façons que vous faites Avec un pauvre diable...
SANSPAIR.
Allez , j'ai mes raisons, Mon cher enfant. Cessez de prendre pour façons Ce que l'humanité prescrit à l'homme sage, Et ce qui devroit être en tous lieux en usage. Vous êtes en service; et moi, par mon bon cœur, Je veux vous faire ici supporter ce malheur. Une fois pour toujours, que cela vous suffise.
LAFLEUR
Tout ceci me surprend. Et...
SANSPAIR.
Trêve de surprise; Et venons, s'il vous plaît, à ce dont il s'agit.
(à Gorju.) Que voulez- vous, monsieur? Il est tout interdit.
GORJU
On le seroit à moins.
LAFLEUR
Un monsieur vous demande, ©rdonnez-vous qu'il entre? ou faut-il qu'il attende?
SANSPAIR.
Apprenez , mon ami , qu'on n'attend point chez moi. Je parle sur-le-champ , et m'en fais une loi.'
LAFLEUR
Comme il est si matin...
SANSPAIR.
Toute heure est convenable.
( à Gorju. ) Dès que je serai seul, je veux me mettre à table.
GORJU
C'est assez. A l'instant le dîner sera prêt.
SANSPAIR, lui faisant la révérence.
Vous m'obligerez fort. Hâtez-vous, s'il vous plaît.