ACTE I, SCÈNE VIL 3i
LA COMTESSE
Mais, madame.
LA PRÉSIDENTE
Mais, madame.
LA COMTESSE
Je m'en vais donc m'en retourner.
LA PRÉSIDENTE
Et moi aussi, je. vous assure.
m. des masures, se mettant entre elles. Je vois bien , mesdames, qu'il vous faut l'entremise d'un homme de tête, pour ajuster ce différend. Donnez-moi la main l'une et l'autre. (Elles lui donnent la main, et il les tire toutes deux ensemble sur le théâtre, après quoi le comte et le président font les mêmes cérémonies à la porte ; le baron et la baronne allant tantôt a l'un et tantôt à l'autre , pour les faire passer. )
Monsieur le président, j'espère que vous ne serez pas si cérémonieux que madame la présidente?
LE PRÉSIDENT
Monsieur le comte , je sais aussi bien mon devoir que ma chère épouse.
le comte, d'un ton brusque.
Oh ! parbleu ! vous passerez.
le président, d'un ton doucereux.
Sur mon honneur, je ne passerai pas.
LE comte, s' appuyant d'un côté de la porte. Je demeurerai donc ici jusqu'à ce soir. le président, s appuyant de Vautre côté. Et moi, je garderai mon poste jusqu'à demain matin.
le comte.
Têtebleu ! on m'assommera plutôt que de me faire démarrer d'ici.
le président.
Et on m'écorchera tout vif, plutôt que de me faire faire un pas.
M. DES MASURES
Vous verrez, messieurs, que je suis destiné à terminer ici toutes les disputes de civilité. ( // sort, leur donne la main comme aux dames, pour les faire passer tous deux ensemble; ils résistent l'un et l'autre, et il les tire si fort qu'il fait un faux pas, et est près de tomber avec eux. )
C'est une belle chose que la politesse ! Croiriezvous bien qu'elle ne règne plus que dans les provinces? Vivent les provinces pour les manières? On se pique à Paris d'un petit air aisé qui est la grossièreté même.