JULIE, LE COMTE, PASQUIN, LISETTE
le comte, prenant la main de Julie.
Eh bien ! mon adorable , enfin voici le jour Où nous pourrons en forme exprimer notre amour; Car je crois qu'entre nous il est très réciproque, Et que de vous à moi tout est sans équivoque.
julie, bas, à Lisette.
Ah! qu'il est différent de ce vilain baron!
lisette, bas, à Julie.
D'accord : mais il a l'air un peu trop fanfaron.
julie, bas , à Lisette.
C'est le bon air.
lisette, bas, à Julie.
Tant pis.
le comte, à Julie.
Vous balancez, me semble?
Quoi ! la consultez-vous?
JULIE
Non. Mais c'est que je tremble.
LE COMTE
Et de quoi tremblez- vous?
Mon frère peut venir.
LE COMTE
Qu'il vienne. Ne songeons qu'à nous entretenir En pleine confiance; et, s'il survient un frère, Pour le rendre traitable on sait ce qu'on doit faire.
JULIE
Bon Dieu! que dites- vous? Il faut le ménager; Mon sort dépend de lui.
LE COMTE
Je saurai l'engager A m'être favorable : et, selon l'apparence, Il ne peut ignorer mon rang et ma naissance. Un homme de ma sorte ose se présenter, Et ne sent rien en soi qu'on puisse rebuter.
JULIE
Je ne vois rien en vous qui n'ait le don de plaire, Mais peut-être est-ce assez pour dégoûter mon frère.
LE COMTE
Pour le dégoûter?
LISETTE
Oui.
LE COMTE
Parbleu! vous m'étonnez.
Quel travers est-ce là?
JULIE
Le ton que vous prenez , Vos manières, vos airs, que je trouve admirables, Pourroient bien à ses yeux paroître insupportables.
LISETTE
Oh î je vous en réponds.
LE COMTE
Ma foi , tant pis pour lui.
Je suis précisément ce qu'on est aujourd nui.
PASQUIN
Précisément voilà ce qu'il ne faut pas être