SCÈNE
SANSPAIR, vivement.
Après un long combat j'ai gagné la victoire.
[parlant au portrait.) Enfin je vais te rendre, et rétablir ma gloire. Trop dangereux appas qui m'imposez la loi, Je saurai triompher et de vous et de moi. Lâche ! je me voyois à deux doigts de ma perte ; La raison frémissoit, et ne l'a pas soufferte ; Grâce au ciel, ses leçons m'empêchent de tomber Je m'étonnois aussi de la voir succomber; Mais dans mon foible cœur elle s'est raffermie, Et je puis sans danger revoir son ennemie. Revenez, revenez, douce tranquillité.
Déjà je sens en moi renaître la gaieté : Suivons ses mouvements. Que l'aimable sagesse Rétablisse en ces lieux le calme et l'allégresse, Et que jamais l'amour ne trouble mon repos. Que vois-je? Est-ce Pasquin? Il arrive à propos.
3i2 L'HOMME SINGULIER.