‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 20 sur 326 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

LE BARON. -

Et de quelle manière ?

Parbleu ! je ne restai que vingt-quatre heures à Paris, et j'en partis sans aller à la cour. Mais le feu de la conversation m'entraîne, et me fait oublier que mon soleil n'est point ici.

Ne puis- je savoir en quels lieux Il fait briller le feu des rayons de ses yeux?

LA BARONNE

Je crois, Dieu me le pardonne, qu'il nous parle en vers.

LA COMTESSE

Vraiment oui, madame; cela ne lui coûte rien.

M. DES MASURES

La langue des dieux est ma langue maternelle.

LA COMTESSE

Qu'il a d'esprit !

M. des masures, d'un air de confiance.

Oh ! madame !

LA PRÉSIDENTE

Il en a plus qu'il n'est gros.

M. DES MASURES

Mais, mais, madame.

LA BARONNE

Il est toujours brillant, et toujours nouveau.

Oh! palsembleu! madame... Je m'en vais bien m' exercer avec le bel ange qu'on me destine; car on dit que c'est un prodige.

LA BARONNE

Écoutez, ce n'est pas parcequ'elle est ma fille ; mais je vous avertis qu'elle vous surprendra.

LE BARON

Cest une fille qui sait tout.

M. DES MASURES

Parbleu! nous aurons de vives conversations! Que de saillies ! que de pointes ! que de fines équivoques!

Je brûle de voir cette belle Qui va me donner le transport :

Déjà mon cœur ne bat plus que d'une aile ; A l'aide ! je meurs , je suis mort.

la comtesse, embrassant la baronne.

Ma chère baronne, c'est un impromptu.

LA BARONNE

Qui n'est pas fait à loisir, je vous en réponds.

le baron, frappant de sa canne.

Corbleu ! voilà un furieux génie !

la présidente.

Cest une source inépuisable.

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