SCÈNE V
LE COMTE, vêtu singulièrement; SANSPAIR, JULIE, LISETTE, PASQUIN.
le comte entre gravement, s' appuyant sur une canne, et parle d'un ton empesé.
Enfin donc je vous vois .
• Cher comte de Sanspair, prototype des sages, Ennemi courageux des modernes usages; Des vices et des mœurs judicieux frondeur, Embrassez votre émule et votre admirateur. sanspair, après l'avoir embrassé.
Je n'avois pas, monsieur, l'honneur de vous connoître.
LE COMTE
Moi, je connois en vous mon voisin et mon maître.
En dépit de mon âge et de ma qualité,
Vous m'avez inspiré la singularité;
Ce grave ajustement en est la forte preuve. *
Vous avez vu tantôt une assez belle veuve,
La comtesse ma sœur ; elle a beaucoup d'esprit ,
Du savoir encor plus; mais rien ne la guérit
Du fol entêtement des usages du monde ;
J'en suis au désespoir. Pour moi, plus je me sonde,
Plus je me trouve né pour être singulier,
Quoiqu'il me reste un air un peu trop cavalier.
Lisette, bas , à Julie.
Pour un fou, c'est fort bien jouer son personnage.
juhe, bas.
A ravir.