‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 206 sur 326 · ACTE IV, SCÈNE V. 3s · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 3s

LE COMTE

Votre sœur passe pour être sage, Et pourroit me servir de consolation Dans mon petit réduit, sombre habitation, Mais charmante à mes yeux. Et, comme à la campagne Un jeune solitaire a besoin de compagne , En homme singulier, brusquement, sans fadeur, Je viens vous demander cette prudente sœur.

SANSPAiR,en souriant.

Très prudente.

LE COMTE

Je crois que l'humeur singulière Va m'en gratifier de la même manière : Et deux originaux se conviennent si fort, Que dès le premier mot ils se trouvent d'accord. De mon bien, de mon rang, on a su vous instruire; Et vous n'êtes pas homme à vouloir m'éconduire.

SANSPAIR.

Si j'ose statuer sur votre extérieur, Il vous donne le droit de prétendre à ma sœur. Je ne m'en cache point, j'aimerois un beau-frère Qui sauroit soutenir un si beau caractère; Mais un homme à votre âge est toujours inégal. A l'égard de ma sœur, vous la connoissez mal ; Loin de vous consoler dans votre solitude, Elle n'y porteroit qu'ennui, qu'inquiétude : Tout comme votre sœur elle aime le fracas, . Et l'esprit singulier ne l'amuseroit pas.

JULIE

Mon frère, des grands airs je suis désabusée;

Je vous l'ai déjà dit, la preuve en est aisée, Si monsieur vous convient; excepté le cousin, Tout époux nie plaira veuant de votre main.

s AN SP AIE.

Qu'on nous laisse tous deux.

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