ACTE II, SCÈNE I. 4i
est enragée d'épouser monsieur des Masures, et aile n'a pas tort.
LA BARONNE
Elle n'a pas tort ?
LÉ ANDRE
Non voirement. Il n'y a pas pus d'une heure que je connois votre cousin, et je ne pis le souffrir, moi qui vous parle. Sa philosomie m'a choqué d'abord, je vous le dis tout net; et je me sis morgue bian aparçu que mademoiselle Angélique en étoit encore pus choquée que moi.
Cela n'importe; je veux qu'elle, l'épouse.
LÉ ANDRE
Oh ! vous voulez, vous voulez ; ça est bian aisé à dire, mais ça n'est pas encore fait, je vous en avartis.
LA BARONNE
Non , mais cela sera fait ce soir indubitablement.
LÉANDRE
Ça causera du charivari, je vous le prédis.
LA BARONNE
Je me moque de tout ; il faut qu'elle obéisse.
LÉANDRE
Et si aile ne le peut pas ? Ne m'avez-vous pas dit , maître Piarre , que vous li aviez entendu
parler avec mademoiselle Babet d'un certain monsieur qu'aile aimoit à Paris, et que sa tante vouloit li bailler pour mari?
LOLIVE.
Oui, morgue! Aile en est bien assotée. Aile dit que c'est un homme noble , qui n'a pas plus de vingt-cinq ans, qui a biaucoup de bian, qui est colonel, qui est bian bâti, qui a de l'esprit , de l'esprit comme un enragé , et qui a été si fâché, si fâché quand aile est partie pour en épouser un autre , qu'il a juré son grand juron que, si ça se faisoit, il viandroit ici tout exprès pour couper les oreilles à votre gendre.
Pour lui couper les oreilles ?
LEANHRE.
Oui , et qu'il les attacheroit à la grande porte de votre châquiau.
LA BARONNE
Qu'il vienne, qu'il vienne, et qu'il se joue à monsieur des Masures, il trouvera à qui parler. Mon cousin est de mon sang, et cela lui suffit pour prêter le collet à tous les godelureaux de Paris. Mais le voici fort à propos. Demeurez, il faut que je l'avertisse de ce que vous venez de m'apprendre.