LA BARONNE, LÉANDRE, LOLIVE, M. DES MASURES
la baronne, allant au-devant de son cousin qui rêve.
Mon cher cousin , je suis dans une alarme effroyable.
M. DES MASURES
Comment? de quoi s'agit-il?
LA BARONNE
Il s'agit de ce que vous courez risque de la vie.
M. DES MASURES
Cousine incomparable, je crois que vous avez raison. Je suis en danger de mourir d'impatience. Je cherche par-tout mademoiselle votre fille ; je la demande à tous les échos d'alentour; ils sont sourds à ma voix, et je ne puis trouver ma déesse. J'ai un torrent de belles pensées qui vont me suffoquer, si elle ne vient pas leur ouvrir le passage.
L'enthousiasme me possède; Inhumaine, barbare, accourez à mon aide!
LA BARONNE
Eh , mon dieu ! trêve aux belles pensées. Je vous dis...
M. DES MASURES
Angélique est un ange, et ses divins appas Font dans mon tendre cœur un terrible fracas.
LA BARONNE
Faites-moi la grâce de m'écouter.
lé and re, à Lolive.
Quel original !
M. DES MASURES
Oui, elle est toute charmante, autant que j'en puis juger pour l'avoir entrevue un instant.
LA BARONNE
Nous en parlerons une autre fois; sachez...
M. DES MASURES
Mais elle m'a piqué au vif, la petite friponne.
Je vous dis...
M. DES MASURES
Car je vois qu'elle me fuit pour échauffer mon amour.
LA BARONNE
Oh ! ne m'écoutez donc pas.
M. DES MASURES
Vous avezbeau dire, je comprends son adresse. Rien n'est plus délicat ni plus spirituel.
LA BARONNE
Mon cousin, vous moquez-vous de moi?