‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 233 sur 326 · FINETTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

FINETTE, PASQUIN

FINETTE

Bonjour, monsieur Pasquin.

PASQUIN

Très humble serviteur

FINETTE

Cléon est-il levé?

PASQUIN

Depuis long-temps, mon cœur.

FINETTE

Pourrois-je lui parler?

PASQUIN

Cela n'est pas possible.

D'un bon quart d'heure, au moins, il ne sera visible.

FINETTE

Eh! pourquoi donc?

PASQUIN

Avec le comte du Guéret, Au moment que je parle, il tient conseil secret. Il a cent mille écus , et cherche la manière De dépenser, dans peu, la somme tout entière. Cet argent- là lui pèse ; il veut s'en dessaisir.

FINETTE

Eh bien ! qu'il me le donne, il ne peut mieux choisir. Je suis fdle; il me faut un mari : cette somme * Pourroit, entre mes mains, tenter un galant homme. L'argent et le mari me viendroient à propos ; Je ne m'en cache point.

PASQUIN

C'est-à-dire , en deux mots , Que vous êtes pressée ?

FINETTE

Oui.

PASQUIN

Vos yeux le font croire.

Ma foi ! Cléon feroit un acte méritoire.

PASQUIN

C'est par cette raison qu'il ne le fera pas. La générosité pour lui n'a point d'appas. C'est, ou pour son plaisir, ou par vanité pure,

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