ACTE I, SCÈNE III
Que l'on devoit rougir de la duplicité; Que trahir son ami cétoit faire un grand crime , Et que rien n'assuroit plus de gloire et d'estime Que de s'immoler même aux droits de l'amitié.
LE COMTE
Morale surannée.
FINETTE
Oui?
LE COMTE
Cela fait pitié.
On suivoit autrefois cette fade méthode; Aujourd'hui les amis ne sont plus à la mode. Les hommes sont unis par le seul intérêt : L'amitié n'est qu'un nom.
FINETTE
Cette mode me plaît ; Et de là je conclus, en dépit des scrupules, Que les honnêtes gens sont de francs ridicules... Çà, venons donc au fait.
LE COMTE
Le fait est que j'adore Ta charmante maîtresse; et je dis plus encore, C'est que me voilà prêt à la servir en tout , Si de m'en faire aimer tu peux venir à bout.
Sans vous promettre rien, je ferai mon possible...
Mais, comme à l'intérêt elle est un peu sensible,
Le moyen de gagner son inclination,
C'est que vous nous aidiez à ruiner Cléon;
Je veux dire, monsieur, à placer dans nos coffres
vSon argent, ses bijoux...
le comte, C interrompant.
Vous prévenez mes offres.
S'il ne tient qu'à cela , Julie est à moi.
FINETTE
Bon!
Je vais donc attaquer la bourse de Cléon : Secondez mon adresse; et ma reconnoissance Ne fera pas long-temps languir votre espérance.