‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 25 sur 326 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

M. DES MASURES

C'est vous qui me plaisantez. Mais que veulent dire toutes les mines que me fait ce nigaud-là?

LA BARONNE

Ne vous y trompez pas, il n'est pas si sot que vous le croyez.

M. DES MASURES

Parbleu ! il en a pourtant bien la mine.

LÉANORE.

Patience , monsieur des Masures, je vous ferons connoître qui je sommes.

lolive. »

Il y a des gens dans ce bas monde, qui pourront bian rabattre votre caquet.

m. des masures, dun air important.

Dites-moi un peu, messieurs les faquins, qui sont les gens qui rabattront mon caquet? LÉANDRE,/e contrefaisant.

Je ne nommons parsonne.

lolive, le con tre faisant aussi.

Rira bian qui rira le damier.

M. DES MASURES

Qui rira le dernier. Je crois, Dieu me le pardonne, que ces marauds-là me menacent. Sans le respect que j'ai pour vous , ma cousine, je leur apprendrois à parler à un homme de ma qualité.

lÉandre, lui frappant rudement sur V épaule. Ne vous échauffée pas, monsieur des Masures ; ça pourroit avoir queuque mauvaise suite. l o l i v e , faisant de même.

Ça est vrai, ça est vrai. Crachez des vars tout votre sou ; mais, par la ventregoi, ne gesticulez point , je vous en avartis.

M. DES MASURES

II est vrai que je me déshonorerois en châtiant moi-même une si vile canaille; mais, si j'appelle mes gens , je leur ferai donner les étrivières. lolive.

Vos gens sont-ils aussi vigoureux que vos chevaux?

LÉANDRE

On voit bien qu'ils sont au service d'un poète. Ils ont, morgue , les dents plus longues que les bras. M. des MkSVRES,mettantlamain sur la garde de

son épéey Léandre et Lolive se mettent a rire.

Il faut que j'anéantisse ces marauds-là. la baronne, [arrêtant.

Que faites-vous, mon cousin? Seriez-vous assez emporté pour frapper mes gens devant moi? m. des masures, d'un ton tragique.

Rendez grâce au respect que j'ai pour la baronne; Sortez , faquins, sortez, c'est moi qui vous l'ordonne.

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