ACTE III, SCÈNE III
PASQUIN
Assez bien, depuis peu.
GERONTE.
Depuis peu! Comment donc! a-t-il été malade?
PASQUIN
Oui... L'étude, à mon sens, est un plaisir bien fade; Cependant c'est le seul auquel il s'est réduit : La lecture , à présent, l'occupe jour et nuit.
GÉRONTE
Tout de bon? La nouvelle est pour moi bien charmante.. Mais, à dire le vrai , je la trouve étonnante.
PASQUIN
Trop d'application l'a fort incommodé; Mais sa santé revient.
GÉRONTE
Il ne m'a point mandé Qu'il eût été malade.
PASQUIN
Hélas ! il n'a voit garde.
GÉRONTE
Pourquoi?
PASQUIN
Vous affliger!... Voulez-vous qu'il hasarde Une santé, l'objet de son attention?
Car il se sent pour vous une inclination , Un amour, un respect!... Demandez à Finette.
FINETTE
Tenez, monsieur, depuis qu'il vit dans la retraite, Son amitié pour vous s'est augmentée encor.
Ma foi ! c'est un neveu qui vaut son pesant d'or.
Demandez à Pasquin.
Vous me comblez de joie.
Enfin le voilà sage , et dans la bonne voie.
FINETTE
On n'y peut être mieux... C'est une gravité, C'est une modestie, une docilité , Une discrétion!...
fiÉRONT e , l'interrompant.
Fort bien , ma douce amie ; Mais vous ne parlez point de son économie. C'est le point capital.
FINETTE
Bon! il est trop mesquin, Trop dur !
GÉRONTE
Me dis-tu vrai ?
finbtte, montrant Pasquin.
Demandez à Pasquin.
pasquin, à Géronte.
Son ménage à présent va jusqu'à l'avarice.
GÉRONTE
(à part. ) (à Pasquin. )
O le brave garçon!... On dit que c'est un vice...
finette, l'interrompant.
Fi donc!
géronte, à Pasquin.
Mais, à mon sens, le plaisir d'amasser Surpasse infiniment celui de dépenser.