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ACTE HT, SCÈNE III

PASQUIN

Voilà ce qu'il nous dit.

GÉRONTE

Mais c'est donc un autre homme?

PASQUIN

Oui, monsieur... Savez-vous qu'à présent on le nomme Le petit Harpagon?

GÉRONTE

Vous me flattez.

FINETTE

Qui, nous?

Je vous jure qu'il est aussi ladre que vous. C'est tout dire.

pasquin, à Gèronta.

Oui , ma foi !

géronte, pleurant et tirant son mouchoir.

Sur mon honneur, je pleure [voulant entrer dans l'appartement de Cléon.) De surprise et de joie... Il faut que, tout-à-l'heure, Je l'embrasse.

pasquin, l arrêtant.

Ah, monsieur! n'entrez pas...

GÉRONTE

Eh! pourquoi?

pasquin, embarrassé , et montrant Finette. Demandez à Finette; elle sait mieux que moi...

finette, à Géronte, avec hésitation.

Monsieur... c'est qu'il s'est fait... une étrange habitude... Pendant toutes les nuits... il s'applique à l'étude,

Et ne s'endort jamais... qu'après qu'il a dîné.

GÉRONTE

Parbleu! plus vous parlez, plus je suis étonné. Un pareil changement ne sauroit se comprendre. Mon neveu, qui jamais n'a voulu rien apprendre, Qui haïssoit l'étude à la mort, maintenant Passe les nuits à lire ?

PASQUIN

Il est plus surprenant De Favoir vu prodigue et de le voir avare.

Finette, à Gèronte.

L'homme est un animal si changeant , si bizarre !

GERONTE.

Mais l'éveiller pour moi n'est pas un grand malheur...

[voulant encore entrer chez Clêon. ) Je veux le voir... Entrons.

finette, le retenant.

Auriez-vous bien le cœur D'interrompre son somme?

GÉRONTE

Oui.

pasquin, le retenant , à son tour.

Souffrez qu'on vous dise Qu'un réveil en sursaut...

GÉRONTE, l'interrompant et se débarrassant de lui.

Tarare!

finette, le rattrapant.

La surprise Peut le rendre malade. Attendez à ce soir.

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