ACTE III, SCÈNE V
GÉRONTE
Est toujours ruineux.
CLÉON
Sans doute.
gÉronte, lui montrant son habit.
Voyez-moi , Je porte cet habit depuis dix ans, je croi, Et je veux le porter encor plus de dix autres.
pasquïn, bas, à Cléon.
Dieu nous en garde !
Quoi?
PASQUIN
Je lui dis que les nôtres Sont riches à l'excès, et qu'il faut nous garder Désormais de ce luxe... Ah ' qu'on va brocarder Sur notre économie !
finette, avec affectation.
Eh ! qu'importe qu'on raille ?
Accumulez toujours.
GÉRONTE
C'est bien dit... La canaille, Quand je passe , m'insulte et me siffle souvent. J'entre , j'ouvre mon coffre , et puis mon cher argent Me console... J'en ai de quoi remplir deux pipes. Outre cet argent-là, mes meubles et mes nippes, J'ai, de revenu clair, trois cent bons mille francs, Et n'en dépense pas trois mille tous les ans. Aussi mon tas s'accroît, il se renfle.
PASQUIN
Le nôtre Ne se renfle pas tant; mais nous visons au vôtre, Et nous y parviendrons.
finette, à Géronte.
Dans peu, je vous réponds Que votre cher neveu sera si bien en fonds Qu'il ne comptera plus.
cléon, à Géronte.
Oui , toute mon envie Est d'atteindre à vos biens.
géronte, à part.
Que j'ai l'ame ravie De voir qu'il tienne enfin de son père et de moi !
(à Cléon.) Continuez, mon cher, vous irez loin.
PA§QUIN
Ma foi !
C'est très bien dit.
géronte.
D'honneur! à la fin je me pique, Et je m'en vais vous faire un présent magnifique, Pour vous récompenser de tout ce que j'apprends. (// tire de sa poche une petite bourse de cuir et la présente à Cléon.) Tenez, mon cher neveu, voilà quatre cents francs, Que je vous donne.
cléon.
A moi?