ACTE III, SCÈNE II
Angélique, après avoir rêvé.
Non, je ne reviens point de ma surprise et de mon indignation.
le président, a la comtesse.
Voici quelque autre idée qui lui passe par la tête.
ANGÉLIQUE
La bile me domine , j'entre en fureur.
LA PRÉSIDENTE
Ah! bon Dieu, prenons garde à nous.
Oui, je deviens furieuse, lorsque je pense qu'un original comme des Masures ose se flatter d'effacer de mon cœur le digne objet de mon estime et de mon amour. Écoutez tous le serment que je fais. Je jure par le Styx que , s'il ne se désiste pas de sa prétention, il ne mourra jamais que de ma main.
LA COMTESSE
Sa cervelle s'échauffe. Je crois qu'il est temps de nous retirer.
ANGÉLIQUE
Il dit que je suis gauche. Prenez garde à ces révérences. (Elle fait des révérences de très bonne grâce. ) Que je marche mal. Voyez de quel air j'entre dans une chambre ; avec quelle grâce je m'y prends. (Elle chante et danse seule.) Allons, monsieur le président, un petit menuet avec moi.
LE PRÉSIDENT
Excusez-moi , mademoiselle , je ne danse jamais.
ANGÉLIQUE
Vous ne dansez jamais ? Oh parbleu ! nous danserons ensemble.
la présidente, au président.
Dansez bien ou mal ; il ne faut pas l'irriter. Angélique chante , et de temps en temps s'interrompt pour parler au président.
Allons gai, monsieur le président; tenez-vous droit, monsieur le président. Tournez donc. En cadence, monsieur le président. Ah ! que la justice a mauvaise grâce !